samedi 4 février 2012

« CUBA aujourd’hui », par Jean RAZAFINDAMBO

Préambule

Pour continuer à parfaire ma vision de politicien,  j’ai décidé d’aller étudier au campus universitaire des Nations Unies / OIT à Turin en octobre 2011. Là et dans d’autres villes, ma boussole interne s’est quelque peu affolée. Elle s’est troublée en ayant capté la profonde inquiétude qui envahit désormais la belle et vieille Europe dont les rouages étatiques sont phagocytés par l’oligarchie des élites des affaires, des médias et de la politique.

Du coup, l’envie m’a démangé de gratter sur les clichés stéréotypés habilement déversés par les aboyeurs des prédateurs sur les pays et les régimes qui leur résistent toujours. J’ai récemment été scruter du côté de la Chine Populaire pour vérifier sur place ce qui lui est reproché : la dictature communiste sur le plan politique et l’ultralibéralisme sauvage en matière d’économie. Une incursion en Thaïlande m’a aussi fourni des éléments de comparaison dans la foulée. Ma réflexion suit tranquillement son cours. Je regarde, écoute et me tais pour mieux digérer.

Dans le même ordre d’idées, je vous propose ci-après avec l’aimable autorisation de son auteur un autre récit de voyage. Jean Razafindambo nous revient de Cuba. Sa plume est colorée, enjouée, un brin malicieuse comme celle d’un gamin taquin qui jette un œil innocent par-dessus la clôture des interdits.

Début du récit.


« CUBA aujourd’hui »



Porte d'entrée de Guardalavaca

Every society needs educated people, but the primary responsibility of educated people is to bring wisdom back into the community and make it available to others so that the lives they are leading make sense (Added by myself - and not to screw them from all directions at any given opportunity). (Deloria Jr. in Red Earth, White Lies, 16-17)

Voyage à Cuba ou pèlerinage annuel vers le soleil pour le Canuck que je suis devenu par accident (c'est un bel accident de parcours en fait). Moi qui n'aime pas trop les USA (et non les Américains, pas nuance mais juste un peu) pour leur suffisance, je suis toujours bien servi à Cuba. Voici un pays sous embargo des USA depuis belle lurette qui étrenne ses centres de villégiature à la portée de la classe moyenne d'Occident et des privilégiés d'Orient.

Les Américains n'y sont pas les bienvenus et cela fait le bonheur de pas mal de gens. Même leur dollar y est dévalué par une décision politique monétaire et n'y vaut que la moitié de ce qu'il vaut ailleurs. Les gens des finances internationales viennent de réaliser avec la crise financière "mondiale" que les questions financières et monétaires sont avant tout politiques. À Cuba, les questions financières et monétaires ont toujours été politiques depuis 59.

Cela n'empêche pas 7,5 millions de touristes (en croissance) d'y séjourner chaque année. Ces touristes utilisent le peso convertible dans toutes leurs transactions. Les Cubains utilisent le peso local dans toutes leurs transactions mais peuvent toucher aussi des pesos convertibles en toute légalité. Un peso convertible valait 124 pesos locaux durant mon séjour. Taux fixé évidemment par l'État cubain. Un dollar USA valait 0,5 peso alors qu'un dollar canadien valait 0,97 peso. Le peso convertible est supérieur à toutes les devises étrangères, point final.

Cuba est en pleine restructuration. Le sucre n'est plus une commodité que ce pays exporte, juste produite pour la consommation locale. Trop cher à produire le sucre, dit-on. Les usines coûtent cher d'entretien pour le peu de bénéfice qu'on en tire. Cuba a donc fermé plus d'une centaine d'usines de production de sucre récemment. Par contre, la production de canne à sucre a monté pour la fabrication du rhum ( ron cubano ).

À la place d'usine à sucre, les Cubains construisent plus de centres de villégiature. Plus rentables, dit-on, et ils visent les 9 millions de touristes par année pour une population de 11 millions. Les plages sont toujours aussi belles et on peut faire du beau snorkelling car les coraux y sont splendides car bien protégés. Cuba est long de 1500 kms environ d'un bout à l'autre de l'ile. Là où j'étais avec ma douce moitié, c'est Holguin presque à la pointe sud de l'ile près de Santiago de Cuba et le fameux Guantanamo de Guantanamera.

Pour la petite histoire, les Cubains disent que l'intervention américaine à la "Baie des Cochons" sous JFK, c'était une question pour récupérer le plus de dollars sales de la mafia américaine avec laquelle s'était acoquiné Battista. Cela tient la route si on considère les nombreux casinos et bordels de la mafia à Cuba avant la Révolution de 59.

Une chose qui est vraiment frappante à Cuba, c'est la proximité entre les intellectuels (ou les instruits) et la population. L'intérêt commun prime sur n'importe quelle autre question : soins de santé gratuits, éducation gratuite à tous les niveaux, sécurité sociale. Madagascar est à des années lumière de Cuba pour la sécurité et le bien-être social. Nos intellectuels ont-ils/elles failli à leurs tâches?

Débat ouvert...



  Vue du centre de villégiature Club Amigo Atlantico de Guardalavaca (Province de Holguin)



Je n'ai pas observé Cuba à partir de mes convictions de Canuck originaire de Madagascar. Cette observation est basée sur leurs réalités urbaines et rurales dans le but d'apprendre de leurs forces/atouts et non dans le but de mettre l'emphase sur leurs faiblesses. Pour comprendre le Cuba d'aujourd'hui, on ne peut ignorer la période d'avant '59 date de prise de pouvoir de la Révolution sous la conduite de Castro et Guevara.

Cuba était devenu principalement l'arrière base de la mafia américaine après la période de vulgarisation des champs de canne à sucre et de tabac (synonyme de la présence de nombreux esclaves). On ne peut ignorer également la présence massive aux USA (Miami) de communautés cubaines très hostiles au régime de Fidel Castro par conviction ou opportunisme en raison de leurs liens avec le Cuba d'avant  '59.

Au sein de la population à Cuba, je ne peux pas dire qu'elle vit sous un régime de terreur. Personne n'a peur de souligner les erreurs de la Révolution mais personne n'est également prêt à s'aventurer vers un lendemain qui n'a pas été pensé et repensé avec soin et prudence. L'armée et la police cubaine n'ont aucun antécédent pour terroriser la population ayant des idées critiques et sont en fait très discrètes en termes de présence sur le terrain. Le parti communiste cubain est présent partout non pas pour matraquer idéologiquement les Cubains. Le parti communiste cubain, c'est surtout avant toute autre chose, l'organisation communautaire comme :

(1) les conservatoires d'art dramatique et d'interprétation dans chaque ville de Cuba qui forment les personnes qui animent les soirées dans les nombreux centres de villégiature du pays (danses, représentations musicales, etc.); c'est devenu une industrie florissante
(2) les centrales de distribution de nourriture aux plus démunis
(3) les centrales de paiement de la sécurité sociale
(4) la gestion des écoles/universités/centres de formation civils ou militaires
(5) la gestion des imprimeries/journaux
(6) la supervision des services de santé

L'uniforme est obligatoire pour les élèves au primaire et au secondaire. La proximité que les Cubains ont avec leurs dirigeants et vice versa n'est pas chose feinte. La discipline que les Cubains démontrent dans leur vie de tous les jours n'est pas simulée mais engagée avec conviction. Personne ne conduit comme des malades au volant d'une voiture comme on peut voir dans les îles des Caraïbes/Antilles. Même le plus petit hameau possède l'électricité non pas à partir d'une génératrice mais fournie par le réseau public. Les Cubains en général ne parlent pas de Fidel Castro comme le dirigeant craint mais comme le gars avec qui ils ont l'habitude de prendre un verre de rhum, les blagues en sus.

La drogue est quasi inexistante à Cuba. Le taux de criminalité est très bas, beaucoup plus bas que n'importe quelle ville en Occident. Les Cubains ne sont pas riches mais ne vivent surtout pas dans la misère en général. Ils admettent volontiers qu'ils ne sont pas encore prêts pour la mondialisation mais qui l'est au fond à ce stade-ci où chaque pays se protège autant qu'il peut ?

Autre chose que j'aimerai souligner, beaucoup de ces centres de villégiature sont actuellement sous gestion de l'État cubain car le bail des investisseurs étrangers est échu et que ces mêmes investisseurs mettent leur argent dans de nouvelles infrastructures hôtelières à Cuba même. Signe d'une confiance mutuelle. D'ailleurs, l'IFC est présent partout à Cuba.

En ce qui concerne la démocratie réelle, n'est-ce pas aux Cubains de décider de ce qui leur sied le mieux ? Certain, il y a un État fort à Cuba mais cet État n'est pas oppresseur. Plutôt bon pédagogue... Je n'ai pas à être d'accord ou non sur leur choix. Ce qui est sûr, c'est que les Cubains ne sont pas prêts à mettre en péril ce qu'ils ont réussi en plus d'un demi siècle (pas parfait dans tous les sens du terme) pour embrasser quelque chose qu'ils/elles ne maîtrisent pas. Bien ou mal ? L'avenir nous le dira.

En tout cas, les soulèvements populaires à répétition comme à Madagascar ne les aideront définitivement pas comme cela n'a pas aidé l'île de Madagascar... D'autant plus qu'il n'y a aucune recette miracle pour atteindre le mieux vivre ensemble. Je vois mal Cuba se faire dicter une voie par un ou des tiers pays comme c'est le cas actuellement de Madagascar qui n'arrive pas à se défaire de ses contradictions avec "l'apparemment souverain mais concrètement dépendant"...

Sur le plan purement personnel, le gourmand que je suis n'aime toujours pas la bouffe cubaine car c'est la cuisine la plus fade de tous les Caraïbes/Antilles. Sans épices. Mais le photographe que je suis vous dira avec courage que les femmes cubaines sont très belles (pour ne pas finir dans le " dog house ", j'ajouterai avec prudence que la mienne l'est encore plus) et dansent bien la salsa. Arriva arriva ! Les cigares et le rhum cubains sont imbattables. On peut mourir en paix après avoir dégusté un cigare format esplendido Cohiba en sirotant un rhum " barrel proof " à 45%.

Je peux continuer longtemps...
Allez, tchao.

Hasta la vista !

                                    Les missiles cubains qui ont fait la Une de pas mal de journaux.

Fin du récit.

Hasta pronto !

Merci d’avoir prêté à ce récit votre précieuse attention.

Moi-même, au bout de sa lecture, je me souviens de mes premiers pas dans la clandestinité MAP/KMM – jeunesse MFM – dès 1976. Nous dessinions à la main le portrait de CHE Guevara et confectionnions nous-mêmes le transfert sur du papier carbone pour machine à écrire avant de le repasser minutieusement sur nos tee-shirts blancs. Quelle fierté d'afficher du fait main CHE Guevara sur le torse, je ne vous dis pas ! Il doit me rester quelque part des vieilles photos de cette fin d'adolescence, mordillant le cigarillo pour mieux imiter le CHE.

M’apercevant actuellement combien ce visuel se répand partout sur n’importe quel support,  je souris d’aise secrètement amusé. Peut-être finalement que tous les risques et les coups pris en tant que militant de la vaillante époque MAFANA étaient quand même précurseurs de sens !?!
Cette soif inextinguible de justice sociale doit demeurer vivace dans le cœur de tous ceux qui auront été MAFANA, quadra-quinqua-sexagénaires aujourd’hui pour la plupart et occupant des postes de décision ou à responsabilité. Cela fait chaud au cœur de se l’imaginer. 


"Rouge et expert" qu'on nous assénait lors des cercles d'études obligatoires au CUR de Toliara pour figurer parmi les meilleurs de nos promotions. Ainsi de même dans les universités, voire même certains lycées, partout à Madagasikara. Actuellement, tandis que les uns se rangent du côté de la HAT, du TIM, des mouvances ou des plates-formes, les autres se mettent en retrait tout en continuant à transmettre la flamme de la manière qui leur plaît. Les MAFANA, au bout du compte, auront à peine tiédi. En public, s'entend. Il est certain que l'encodage clignote toujours au fond d'eux mêmes pour assurer une veille tactique.

Beaucoup d’entre nous auront souffert dans leur chair de l’implosion en pleine époque socialiste du glorieux parti qu’était le MFM. Notre rouge était devenu la couleur sang de l’hémorragie et notre noir s’était noyé dans le goudron du bitume des adieux. Depuis belle lurette, nous n’adhérons plus du tout au MFM. Mais où que nous soyons, nous demeurerons à vie MAFANA dans l’âme, le cœur et la raison. MAFANA d'esprit.

Merci pour nous tous, Jean Razafindambo, de ce récit « CUBA aujourd’hui ».

Hasta la vista ! Comme tu dis.
Hasta pronto ! Te répondrons-nous en écho.

Antsirabe, 04 février 2012.


RABEARISON Roland Dieu Donné Vahömbey.



mercredi 1 février 2012

FEBROARY 2009 - FEBROARY 2012 !!!

  Katanà SAINA FOTSY



Hira fanaoko fahiny mbola mpianatra isaky ny nitety irery "restaurant" tany Toliara, niaraka tamin'ny satroka kely fitatàzan-drakitra, ito "Blowin' in the wind" ito. Tadidio hatrany, azafady, ny "refrain"-ny sao ho ilaintsika ato ho ato. 

Tapa-kevitra ny hihira azy ity - TSY ANKANDRAY DRALA (1) - imason'ny Olompirenena aho anombohako hialàko nenina hanairana ny fo sy fanahin'ireo tokony hiarina amin'izay. 

Telo taona izao ny fikatsoan'ny andavanandrom-pirenentsika ! 
Mbola hiharitra mangina hatrany ve isika ?

Katanà japoney anie, rey havako, no milanja ny SAINA FOTSY-ntsika ê.


BLOWIN’ IN THE WIND

How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
Yes, 'n' how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, 'n' how many times must the cannon balls fly
Before they're forever banned?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.

How many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, 'n' how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, 'n' how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.

How many years can a mountain exist
Before it's washed to the sea?
Yes, 'n' how many years can some people exist
Before they're allowed to be free?
Yes, 'n' how many times can a man turn his head,
Pretending he just doesn't see?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.

Bob DYLAN

 
(1)    Efa natsahatro tanteraka ny alin’ny VENDREDI 13 MAI 2011 tao amin’ny Le Pub Ambatonakanga ny fihaniako sehatra tamin’ny naha-mpanakanto mpivelon-tena ahy. Matoa aho hitanareo mihira imason’olona indraindray dia ilay MPIANTSA VELON-KIRA no miantso sofina hanongilana. 
Na ilay MPANAZARY no mizara finoana, fanantenana, fitiavana, fanambinana.

dimanche 22 janvier 2012

2012 : année du DRAGON

23 janvier 2012.

Bonheur, prospérité et longévité pour les bonnes volontés.

豐度 fēng dù - abondance naturelle, pour chaque foyer.

A l’univers entier: « Bonne année ! 新年好  xinnián hao »


STEP 3: rebranding pour FAnambinana MAdagasikara – FAMà.

Voici le logotype ouvragé patiemment durant ces deux dernières années (1). C’est le cœur de notre bannière, désormais.

Solidaires, nous triompherons aux présidentielles.

Ensemble, nous offrirons à MADAGASIKARA la prospérité.





Tompokolahy sy tompokovavy,


Matezà rohitina ny aina !
Mandïna ronono ny isan-dovia !

Mirija tomady ny isam-batanolona,
Iririavan-tantely ny isan-tokonana.

Ambinina avokoa ny ambanilanitra,
Miadam-pinaritra ny tany aman-danitra.

SALANITRA ê …!


                          RABEARISON Roland Dieu Donné Vahömbey


                                              Ho Filoha manambina ny Firenena





 . (1)  Toute notre reconnaissance à notre directeur de création.

Katanà SAINA FOTSY: “ MIHATAKATAKA AHO FA OLON-DEHIBE.”

Katanà SAINA FOTSY

Hoy ny ankihikely: “Noana aho izany.” 


Ny manara-poana: “Noana tsy mangalatra !?” 


Ny fanondro adala: “Mangalatra tsy very ?!” 


Ny fanondro: “Very tsy avotana !!”


Hoy ny ANKIHIBE: 

“MIHATAKATAKA AHO FA OLON-DEHIBE.”





L’événement d’hier à Ivato aura servi, aux observateurs de tous ordres, de baromètre de la situation sociopolitique actuelle. 

Galvanisées, les troupes de monsieur Marc Ravalomanana auront toutes raisons de vouloir pousser leur avantage, à la fois médiatique et numérique, sur le terrain de la rue. 

Ayant louvoyé devant le face-à-face, monsieur Andry Rajoelina et consorts se retrouvent désormais acculés, contraints de puiser dans leurs ressources militaristes et policières pour contre-attaquer avec une férocité facile à imaginer. 

D’où la prépondérance d’une conclusion sommaire au sein des chaumières : la guerre civile tape-t-elle à nos portes ?

Pour ma part, je me refuse d’y souscrire. Et ce, malgré la psychose ambiante de l’interventionnisme forcené des vampires actionnaires de la financiarisation extrême. Mystification du fameux « mpaka rà » ou contes à dormir debout ? Peu importe ! Ambanilanitra, sous la protection du ciel, nous sommes. Le Fanahy demeure en nous. (1)

L'affrontement direct, a priori imminent, entre les partisans des deux manipulateurs suscités présente peu de risques de déboucher sur une guerre civile généralisée sur toute l'étendue du territoire national. A cette effroyable éventualité, il manquera ces déclencheurs identitaires explosifs:

1. Culturel, différence d’appartenance ethnique ou de provenance régionale.

2. Socio-économique, assimilable à la lutte des classes.

Les partisans des deux camps en présence sont, en majorité et à quelques exceptions près, issus d'une seule et même bulle: classe moyenne mercantile - bourgeoisie bigote. Le phénomène se circonscrira à l’intérieur de leurs sphères d’influence respectives. Autrement dit, ils s'en voudront surtout entre eux. Les débordements collatéraux auront donc peu d’ampleur quoique regrettables, aussi minimes soient-ils.

A mon corps défendant, je précise et souligne. Ce point de vue froidement analytique n'altérera en aucun cas mon optimisme humaniste essentiellement non-violent. Toute vie humaine est unique, donc précieuse. Seules les opinions, au pire, devraient être détestables.

Pour terminer, je hurle ma vérité. Jusqu’à quand le culte aveugle des personnages invraisemblablement messianiques fera-t-il des ravages au sein des crédules idolâtres ? 

Tandis que ces derniers iront éventuellement s’entre-déchiqueter, leurs faux dieux s’amusent à marquer des points sur leur échiquier d’égocentriques mal élevés. 

Qu’attendent-ils pour débusquer leurs patrons respectifs en train de jubiler machiavéliquement, les doigts crispés sur les manettes, devant leur tableau de pilotage virtuel ? 

Les morts et les blessés, eux, ont toujours été et seront bien réels.

Puissé-je me tromper !

« Mihatakataka aho fa olon-dehibe.”

Tompokolahy sy tompokovavy, ny aina no matezà.


Antsirabe, 22 janvier 2012


RABEARISON Roland Dieu Donné Vahömbey

FAnambinana MAdagasikara – FAMà.


Post-scriptum:

Ce matin, un inconditionnel du fuyard politique m'a rudement interpellé: 
"A la place du ramosé, qu’aurais-je donc fait ? »

Ma réponse:

«  Primo, j’aurais commencé par m’épargner son autisme et sa mégalomanie pour préserver mon pays de sa mauvaise gouvernance.

Secundo, j’aurais démissionné proprement et appliqué à la lettre La Constitution dès janvier 2009. Hors de question pour un authentique Président de la République de jouer par inconscience au « Après moi, le déluge ! ».

Tertio, je serais rentré coûte que coûte au pays – c’était techniquement possible ! – J’aurais fait confiance au deal engagé avec le Premier Ministre, monsieur Omer Beriziky, et les instances internationales afin de concrétiser la Feuille de Route, unique option opératoire pour engager les élections. 

J’aurais évité sa couardise hypocrite et endossé avec courage et dignité mon statut de persécuté. Je serais donc descendu à l’endroit où les forces de l’ordre voulaient m’appréhender, loin de mes partisans que j’aurais ainsi protégés. D'éducation guerrière, j’aurais assumé mon rôle de « Tale » et aurais certainement fini par gagner sur l’adversité en toute limpidité. »

Réaction d’en-face : « C’est trop facile de jouer les héros sur papier ! »

Ma répartie : 

« Fin février 2002, pendant que votre protégé déprimait juste après son coup d’éclat, j’ai fait mes preuves sur le terrain avec mon « jô » sur le dos pour coordonner autour de Faravohitra les barrages de sécurité 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Cela m’a pris toute l’année. Rajoutez-y la mobilisation civile permanente et les messages quotidiens d'appel à la paix et la tolérance mutuelle sur la station FM Radio-Mada. "Salanitra ê ! Tratry ny maraina isika mianakavy", tous les jours à 6 h 15 qu'il vente ou qu'il pleuve jusqu'à la mise en place de la Chambre Basse à la fin de l'année. J'y ai englouti toutes mes économies sans attendre aucune autre contrepartie qu'un peu plus de justice sociale à l'endroit des démunis. 
Comme j'ai publiquement engagé ma parole d'honneur de citoyen loyal et désintéressé, cela a servi de catalyseur auprès de la population qui m'a fait confiance. J'ai donc poliment décliné toutes les belles offres de poste politique proposées par le TIM head-staff... Soi-disant pour services rendus mais avec l'intention manifeste de capitaliser et d'exploiter mon charisme de l'époque. Désolé, la rigueur de mon éthique personnelle ignore ce qu'est la corruption. Effectuez vos enquêtes et vérifiez par vous-même si vous en doutez. 

En 2009, tandis que vous tous désertiez, je lui ai encore couvert ses arrières malgré sa fuite éhontée pour faciliter l'exfiltration des siens. Je l’ai fait malgré son hostilité à mon égard pour avoir, dès 2007, osé dénoncer dans les médias ses propres abus et les excès de son entourage. La paix civile et l’intérêt national sont, pour mon éthique, à mettre au-dessus de toute affaire personnelle. Inutile de rappeler ce que ces actions m'ont valu comme représailles de la part de la HAT. Ce que je viens de vous dire, est-ce encore du sur papier ? 

Dernière précision, si vous le permettez. Même si brasser du théorique et de l'abstrait me plaît, désolé de vous décevoir mais je m'engage aussi dans la pratique, dans le concret pour de vrai. Je vis au rythme de mes voisins tireurs de pousse et lavandières, réparateurs de vélo et gargotiers, tous les jours que le bon Dieu fait. C'est aussi pour les défendre que je me porte candidat aux présidentielles. Osez donc m'élire et mettez-moi à l’épreuve malgré vos préjugés ! »



(1)    https://www.facebook.com/pages/R%C3%A9volution-Mondiale-Gestion-Populaire/125782834162197

mercredi 18 janvier 2012

ITW L'Hebdo de Madagascar du 06 janvier, version originale.

Version originale de l'interview de VAHöMBEY, parution dans l'Hebdo de Madagascar N° 0360 du vendredi 6 au jeudi 12 janvier 2012. Propos recueillis par Haingo Rarivoson. 




Artiste-Musicien.

Candidat aux présidentielles.






















"Le culturel est le début et la fin de tout"
On connaît le philosophe, l’anthropologue et l’ethnomusicologue. Mais Vahömbey est aussi un ex-enseignant à l’université, consultant en coaching et communication. Il développe aujourd'hui l’ingénierie culturelle pour devenir proactif à plus grande échelle. Également poète, musicien et instructeur de karaté-do, Vahömbey est aujourd'hui politicien par conviction. Et il n'entend pas parler la langue de bois.
 Y-a-t-il selon vous, une philosophie propre au Malgache ?
Philosopher, c’est penser et exister pour donner sens à la vie. Quand on devient de plus en plus attentif, on se crée une vision du monde. On intègre mieux les spécificités culturelles pour les exprimer de façon plus explicite. Par exemple, le soubassement des références identitaires : famille, clan, ethnie, peuple et race. Ou le fondement des croyances et des pratiques religieuses : animiste, panthéiste et monothéiste. Voire, l’assise des doctrines politico-économiques. Aussi, parler de philosophie malagasy amène-t-il à s’interroger sur une vision du monde hypothétiquement commune à tout un peuple. Plutôt délicat comme sujet, non ? Voilà pourquoi, il compte parmi les thèmes évoqués dans mon livre, un essai intitulé " Sahalanitra - Jardin du ciel - Garden of heaven ", à paraître cette année-ci.
Quelle serait cette vision hypothétiquement commune ?
À mon avis, la particularité culturelle du Malagasy est sa proximité avec Dieu, Père-créateur. Tout découle de ce postulat : la conception cosmogonique, la table des valeurs, le système normatif et le mode de production économique. Considérer à sa juste valeur l’identité nationale, et notamment sa reproduction, contraint le philosophe avide de vérité à s’interroger au moins sur ces aspects-là. Quelle résolution concrète adopter ? Bâtissons ensemble le tanin-taranaka (1), à la fois terre des descendants et patrimoine universel de l’humanité, pour donner consistance au Tanindrazana. Faisons-en une authentique Patrie et arrêtons de le réduire à notre pré carré ancestral de provenance ! Là où se localise le caveau ou le poteau tutélaire, hazomanga. Enrichissons-nous de nos différences au lieu d’en faire nos entraves ou nos geôles. L’hypocrisie ambiante nous amène trop souvent à affirmer que l’enfer, c’est les autres. Si nous souhaitons les voir changer de mentalité, ce dont tout le monde parle, commençons par nous améliorer nous-mêmes d’abord. Incarnons le modèle du Malagasy idéal, résolument incorruptible pour commencer, que nous voulons voir enfin émerger pour ce troisième millénaire. Nous sommes tous humains, créatures de Dieu sans aucune discrimination, d’abord et avant tout.
Vous avez toujours véhiculé l’idée du Mahaolona,  du Fiarahamonina. Quelles sont vos définitions de ces termes ?
Dzaovelo-Jao Robert, chercheur universitaire, énonçait déjà dans la revue numéro 11 de l’ISTPM parue en 1991 : olombelona puis olom-banona et enfin olon-kendry. Humain vivant, responsable et sage. Pour que la société puisse apprécier« Izany ka olona ! », il faut cultiver et entretenir en soi le Maha-Olona, le divin en l’humain. Grâce à l’éducation reçue, se sentir partie intégrante du milieu naturel et se comporter en responsable dans le milieu social. Finir par se forger sa propre éducation en aidant le divin à s’épanouir à l’intérieur de soi. Telle est la sagesse. Le Maha-Olona, ce qui fait l’homme, c’est Dieu. Le mahaolona, c’est la transcendance de l’homme qui connecte son âme avec celle de Dieu. « Ny fanahy no mahaolona. » Par extension, le mahaolona peut s’assimiler au processus qui soutient l’avènement de l’homme générique et authentique : Olona. Ce dernier, divinement enrichi, irradie de chaleur humaine et génère naturellement autour de lui l’élan de solidarité - fihavanana – liant de l’harmonie sociale, le fiarahamonina. En définitive, seul le Olona méritera le statut de razana – ancêtre - quand il aura trépassé. Les siens l’évoqueront pour leur apporter bénédiction. Pourquoi ? Parce qu’il leur aura porté une attention généreuse et soutenue durant son existence terrestre. À l’exemple de Dieu aimant sans conditions ses enfants tel un père plein de mansuétude. Sinon, le verdict populaire tombera : « Raha razana tsy hitaha, mifohaza hiady vomanga ». Tout défunt n’est donc pas obligatoirement ancêtre. Devenir razana se mérite. 
Vous êtes également un farouche défenseur de la langue malgache. Mais le culturel est-il tout ?
Le culturel, dont la langue est un élément-clé, détermine tout. Qu’on parle économique, social, politique, éthique, esthétique ou mystique. La plus grossière erreur commise par les concepteurs du fameux MAP du régime déchu, a été de reléguer le culturel en bout de chaîne. Vérifiez si vous en doutez. Réaction populaire des plus sensées : la route ne se mange pas ! Le copier-coller aveugle du néo-libéralisme, doublé de népotisme avec la théocratie en arrière-plan, s’est avéré scandaleusement néfaste dès 2007. La disparité des revenus par ménage a commencé, par exemple, à se creuser vicieusement. En tirant la sonnette d’alarme en haut lieu et dans les médias à l’époque, je n’avais récolté que mépris et menaces. Quand le riverain se sent assimilé à son propre zébu en train de regarder défiler les 4x4 à 130 km/h vers Nosy-Bé sur l’excellente RN6, … Pourquoi s’étonner de se faire vomir en 2009 ? Parlons à peine du régime actuel qui n’excelle que dans le paraître et l’usurpation au détriment de l’être et de l’authenticité. Tsikalakalam-pihavanana, les apparatchiks de la HAT savent-ils ce que c’est ? Je crains que leur éducation ne se soit bloquée sur le tsikalakalam-bola ! 
Sur votre blog, vous parlez du Malagasy immobile et inexpressif quoique vigilant et attentif. Comment cela est-il arrivé ?
Depuis les temps immémoriaux, celui de Lémuria comme repère, l’inconscient collectif malagasy scintille d’un éclat de sagesse vivifié au fil du peuplement : vazimba, austronésien, malais, hindou, juif, arabe, africain, européen, indo-pakistanais, chinois, … Et j’en oublie. De quoi désarçonner les observateurs habitués à interpréter fébrilement des traces de civilisation matérielle ! Notre authenticité est inscrite dans nos cellules pour s’exprimer à travers notre sens aigu de la spiritualité. Elle ne peut se figer dans les vitrines d’un musée pour s’exposer comme un banal objet de curiosité. Face à la décadence actuelle, sommes-nous lâches ou masochistes ? Stoïques ou indifférents ? C’est peut-être tout ça confusément. Mais avec un petit plus à côté, un bonus qui fait notre différence. Nous sommes croyants. « Andriamanitra tsy andrin’ny hafa, andrasantsika hatrany. » La sagesse, générée par la foi, permet de se concilier le temps. Cela a un nom, l’espérance.
N’est-ce pas le résultat de trois années de crise ? Ou de cinquante ans d’errements ?
Arrêtons de nous focaliser sur nos quelques cinquante années d’indépendance. Pourquoi qualifier d’errements ce qui n’est qu’errance ? Pardonnons-nous ce genre d’offense qui consiste à nous culpabiliser en dénigrant systématiquement notre passé. Débarrassons-nous de tout stigmate si nous voulons avancer. La crise actuelle est fatalement dans l’ordre des choses. Nous nous complaisons, quelques fois malgré nous, à penser : « Crise, crise, et crise ! ». Et voilà le résultat, nous nous engluons effectivement dans la crise. Trouvons-lui donc une utilité, celle d’apprendre à changer. La loi d’attraction universelle veut qu’il se produise ce que nous pensons, disons et faisons. Soyons désormais résolument positifs et uniquement constructifs. Essayons et nous le verrons. Je tiens le pari à ce sujet. Même à vingt millions de compatriotes contre un. Êtes-vous preneur ? (sourire)
Quelle serait selon vous, la meilleure manière de vivre ou de survivre à cette crise ?
Parlons plutôt de vivre que de survivre, voulez-vous ? Nulle raison de s’effrayer. Envisageons la situation actuelle sous ses meilleurs aspects. Les activités professionnelles ralentissent-elles ? C’est du temps et de l’attention à offrir au foyer. Le budget du ménage devient-il maigrichon ? C’est le moment d’adopter un genre plus sain d’alimentation. Le carburant est-il hors de portée ? Autant marcher, c’est meilleur pour la santé. Au lieu de s’épuiser à souffrir du manque, saliver d’avance pour l’imminence de l’abondance. Sourire et rire des bêtises des politiciens, les bénir plutôt que les maudire. Sentir et penser, dire et écouter, agir et réagir… Unique ligne de mire : toujours positif.
Vous êtes aujourd’hui à la tête du mouvement humaniste FAMà. Comment vous situez-vous par rapport à la Transition ?
Dès le 06 juillet 2009, tout en annonçant publiquement notre propre candidature aux présidentielles, nous avons revendiqué la tenue des élections. Jusqu’à maintenant, nous patientons. Nous sommes de l’opposition mais résolument hors toute mouvance ou plate forme. Aucun ministre, ni CST, ni CT. C’est un choix délibéré. À chacun, son éthique. L’ancien boss d’Iavoloha a-t-il lâchement détalé en 2009 en semant la zizanie derrière lui ? Faisant fi de toute rancœur personnelle, nous lui avons couvert ses arrières malgré les gros dangers courus. Il fallait absolument atténuer la menace sur la paix civile. Conséquences: mandat d’arrêt, heureusement non-exécuté, et autres désagréments fastidieux à énumérer ! Nous l’attendons de pied ferme cet allumeur de bagarre qui compte ne jouer les héros que bien après le chaos. On se verra aux élections. Elles solderont les comptes et sonneront aussi le glas pour les prédateurs actuels de la Nation. 
Quelle serait la solution à la crise, pour l’anthropologue que vous êtes ?
Pourquoi l’anthropologue, comme vous dites, trouverait-il spécialement des solutions miracles ? Si mes pairs, et de loin meilleurs que moi, se taisent jusqu’à présent, je ne m’aventurerai pas non plus à me prononcer en tant que tel. Tout le monde se persuade qu’il n’y a que les élections pour clôturer ce chapitre vécu depuis 2009. Comment y parvenir ? Laissons la HAT, ses partenaires et ses alliés autant que ses ennemis et ses adversaires, en décider. Je demeure toujours « immobile et inexpressif quoique vigilant et attentif ». Je suis zen. J’attends mon heure. Elle commencera normalement avec les élections. À moins que les circonstances n’en décident autrement. Là, on avisera. Comme disent les musulmans : Inch Allah, à la grâce de Dieu.
En juillet 2009, vous annonciez votre candidature aux présidentielles pour un mandat unique. Vahömbey, président de la République, quelles seraient ses priorités ?
En ce qui me concerne, exercer un unique mandat est suffisant. Priorité à la paix sociale et la quiétude pour le pays. Redonner confiance aux citoyens et les encourager à s’investir à fond pour la Nation afin que celle-ci prospère enfin. Pour y parvenir, premier impératif : la bonne gouvernance. La Haute Cour de Justice est à installer d’emblée avec les mesures nécessaires pour que son indépendance soit inviolable. Tout le monde sans exception se soumettra à la Loi. À commencer par le Président de la République qui se comporte d’abord en premier serviteur de la Nation avant de prétendre s’imposer comme Chef d’État. Je serai donc intraitable en matière de corruption et d’injustice. Parole d’honneur ! Deuxième impératif : la transparence. Chaque ariary de l’État sera comptable. Personne ne se dérobera aux obligations d’audit qui lui seront imposées. Comme le contribuable est le principal actionnaire de l’État, les comptes doivent lui être rendus avec un maximum de clarté. C’est son droit absolu. Ainsi honoré, il s’acquittera de son devoir avec plus de conviction. Ces mesures basiques comptent parmi les principales clés accrochées à notre trousseau du développement. S’y rajoutent d’autres comme le recensement général de la population et la mise à jour de tous les indicateurs nécessaires. Tout sera à étaler à plat sitôt la parenthèse 2009 fermée. Se clarifier une vision synoptique des réalités aidera à mieux hiérarchiser les priorités.
Quels sont les fondements du programme politique que vous avez publié en novembre 2011 ?
FAnambinana MAdagasikara - FAMà, mouvement humaniste, se situe politiquement à gauche. Aussi, la justice sociale est-elle notre cheval de bataille et le plein emploi productif balisé par le travail décent, notre gageure. Bâtir le tanin-taranaka est, pour nous, un idéal qui invite à se préoccuper de l’épanouissement des jeunes. D’où l’importance accordée aux trois volets de l’éducation: formelle, non-formelle et informelle. Pour que la perspective du développement s’élargisse correctement, il faut soutenir la recherche conventionnelle et non-conventionnelle ainsi que la créativité en général. Des efforts seront déployés pour atténuer toute forme de discrimination, notamment en terme de genre. Nous saurons faire preuve de vigilance pour la sauvegarde de l’environnement naturel et la gestion du domaine foncier. La terre est plus qu’une mère nourricière pour nous Malagasy. C’est le socle de notre symbolique du sacré.
Une vision politique fondée sur le culturel dans une société en perte de repères, n’est-ce pas trop ambitieux surtout pour un unique mandat présidentiel ?
“ Mpiandry omby volavita, tsy tompony fa mpamerina an-dohany”. Le gardien du zebu sacré n’en est pas le propriétaire. Il est simplement celui qui le remet dans le droit chemin. Seul Dieu, Père-Créateur, détient le pouvoir sacré évoqué par la caractéristique particulière du zébu. Le gouvernant auquel il le confie n’a comme mission que de l’exercer provisoirement pour le bien du peuple. Dans ce contexte, peuple signifie ambanilanitra, ceux qui sont sous le ciel, c'est-à-dire sous la protection du ciel. Et non vahoaka, la foultitude au statut indéfini. Assumer le rôle de Président de la République, dans cette optique, n’est ni un sacrifice ni un devoir. C’est juste un service, celui de frayer la voie pour l’avènement du Maha-Olona à Madagasikara. Autrement dit, aider les ambanilanitra à émerger du brouillard et à lustrer les repères maculés par l’histoire pour les faire briller sur la place centrale du village global. Préparons-nous pour l’envol d’une telle ambition pour la Nation. Le compte à rebours a déjà été déclenché. Prêtez attention à votre silence intérieur et vous l’entendrez.
Comment vous assurez-vous de l'aboutissement de ce projet ?
Depuis des siècles que nous patientons dignement, la situation internationale n’a jamais été aussi favorable pour nous qu’aujourd’hui. La financiarisation excessive de leur économie fragilise de plus en plus les puissances dominantes qui finiront par tempérer leur arrogance à notre endroit. Il est temps de se repositionner intelligemment sur l’échiquier des rapports de force. L’équilibre mondial est à la recherche d’un meilleur point d’appui et d’un nouveau paradigme macroéconomique. Le new deal keynésien (2) compte actuellement parmi les alternatives les plus séduisantes. À nous désormais, de déterminer une politique financière en cohérence avec la politique budgétaire et d’investissements publics à la taille de notre prise d’élan. Une stratégie de relance par les salaires sera donc privilégiée malgré la frilosité prévisible de certains milieux financiers. D’autant que notre trilogie « mieux-vivre, développement et prospérité » aura à résoudre l’équation fétiche de tout gouvernant idéaliste de gauche : une croissance sans inflation avec un taux d’emploi élevé. Pour y parvenir, nous ferons preuve de pragmatisme. D’une part, en collaborant étroitement avec la société civile. Et de l’autre, en considérant à juste titre les critiques de l’opposition. Humanistes, nous détenons la clé pour faire avancer les gens et bouger les choses : l’affect.
Vahömbey, ce nom a-t-il une signification particulière ?
Le vahömbey est un aloès endémique du sud de Madagasikara, surtout l’Androy. Il s’utilise pour la pharmacopée locale et constitue la symbolique du sacré quand il se retrouve au coin nord-est d’un village. Il représente dans ce cas précis le lien entre la terre et le ciel.On me l’a suggéré comme nom de guerre au sortir de mon apprentissage initiatique auprès des pratiquants ésotéristes et des guerriers issus de ma famille antandroy. Je l’ai adopté par la suite comme nom d’artiste. Je tiens à faire honneur à la noblesse de sa signification et à la profondeur de son sens. C’est ce nom qui me porte, et non l’inverse. Le respecter intimement en tant que nom d’un président de la République sera donc pour moi un impératif absolu. Rien que pour continuer à le mériter dignement, je me promets de sortir de mon mandat présidentiel la conscience claire et le cœur léger. Le concept de Vahömbey, sans faire référence au personnage ni à la personnalité, est synonyme de Sacré.
Le 21 décembre 2012, jour de la fin du monde. Y croyez-vous ? 
Demain ou à cette date-là, peu importe. Toutes les grandes civilisations, dont maya, en ont parlé depuis très longtemps. C'est l'avènement d'un monde nouveau. La pendule atteint la fin de sa course vers le mal et revient dans le sens du bien. C'est ce qui expliquerait le bouleversement actuel. National comme international. Il suffit pour chacun de se préparer convenablement. Apprendre à vivre, c’est se tenir prêt à mourir à tout instant. Personnellement, je crois plus à la prophétie de l’amour et de la vie qu’à celle de la haine et de la mort. L’amour l’emporte toujours sur la mort. C'est juste la fin d'un cycle et le début d'un autre. La transition peut aussi s'effectuer tout en douceur.



(1) Concept en vigueur à l'Académie Malagasy depuis une dizaine d'années.

(2)  “Redistribution, global imbalances and the financial and economic crisis”, international  journal of  labour  research, 2011 / Volume 3 / Issue 1, International Labour Organization, Geneva, 2011. Author: Eckhard Hein, Berlin School of Economics and Law.



Source de la publication: blog de Haingo RARIVOSON, journaliste à l'Hebdo de Madagascar.