vendredi 6 juin 2014

« Un heurt de cultures risque de devenir problématique. »

Ci-après, reproduction avec autorisation de l’auteure de l’article: « Un heurt de cultures risque de devenir problématique ». Parution dans L’Hebdo de Madagascar du vendredi 06 juin 2014, n° 0486, page 5. Dossier de la rédaction sur le thème de la mondialisation et intitulé Le Malgache, un métèque chez lui. Rubrique : Questions à …


Vahömbey Rabearison, senior consultant en ingénierie culturelle.


Début de citation.

« A travers ses actions visant à relier les investisseurs privés et autorités locales, traditionnelles et étatiques, le spécialiste en ingénierie culturelle œuvre pour une authentique dynamique de développement culturel, condition sine qua non d’un authentique progrès économique. Au fil de la discussion, Vahömbey martèle ses opinions.

Q : La venue en masse des étrangers, à travers des projets d’investissements ou pour des raisons particulières, provoque-t-elle un choc de culture ?

R : Malheureusement, oui. Nos actualités virent de plus en plus vers le rouge à ce sujet. Les réalités protéiformes d’accaparement de terres, de ressources et de biens sont de plus en plus flagrantes, donc scandaleuses au point de devenir révoltantes. Les doléances, les plaidoyers et les interpellations fusent de partout. Il ne s’agit plus de choc mais carrément de heurt de cultures, d’incompatibilité systémique qui risque de devenir systématique. D’un greffage bâtard ne peut résulter que le rejet. Dommage ! Vraiment dommage pour notre société en post-crise.

Q : Coexistence Karàna-Malgache, les islamistes se marient avec des jeunes filles malgaches mais les jeunes hommes malgaches ne peuvent pas se marier avec des filles islamistes. A part la culture, y a-t-il d’autres raisons d’après vous ?

R : Permettez-moi, d’abord, de faire remarquer que ceux qui se désignent sous l’appellation de « Karàna » n’embrassent pas tous l’islam. Et être musulman ne signifie pas obligatoirement islamiste. Quoiqu’il en soit, je vous livre quand même une réponse possible parmi tant d’autres. La question de différence culturelle mise à part, la raison peut être d’ordre économique. Laisser s’échapper une jeune fille hors du giron habituel, c’est risquer d’égarer une partie du capital familial et communautaire. Tandis que l’inverse permet de maintenir en circuit fermé la gestion et la fructification des avoirs, des biens et des richesses. Ainsi le veut, en règle générale, le mode de reproduction d’un système fondé sur le patriarcat.

Q : Des étrangers émigrent à Madagascar, sans pour autant s’intégrer dans la société, quels impacts ce phénomène provoque-t-il chez le citoyen malgache ?

R : Tout expatrié quelle que soit sa nationalité a le devoir de s’intégrer en commençant par adopter la langue de son pays d’accueil. C’est une nécessité de bonne et saine intelligence. Que ce soit clair ! Sinon toute relation avec les locaux et les autochtones ne pourra qu’être superficielle, ou pire encore, artificielle. Ceux qui refusent de s’y soumettre, n’auront qu’à en assumer les conséquences dues aux préjugés de toutes sortes.

Q : D’après vous, que peut faire l’Etat dans ce cas ?

R : Tant que nos décideurs institutionnels ne sauront faire preuve d’un sens à la fois aigu et élargi de générosité humaine et surtout d’empathie envers les vulnérables et les démunis, notre 4ème république ne pourra qu’en souffrir. La venue en masse des étrangers, comme vous le dites, n’est pas le nœud du problème. Je pointerai plutôt le doigt sur le déficit de confiance entre les gouvernés et les gouvernants incapables de rassurer convenablement leurs administrés.

Q : Et nous, comment pouvons-nous agir ?

R : Il est grand temps pour nous de nous ouvrir de bonne grâce au monde entier. Positivons notre attitude et adoptons ce concept issu du marketing : « glocal ». Vivre local mais penser global. Soyons conquérants où que nous soyons, surtout ici chez nous à Madagasikara. Ne nous contentons point de jouir passivement de nos héritages génétiques, érigeons-nous en patrimoines à léguer à nos descendants. Etre Malagasy se mérite. Soyons-en fiers !

Propos recueillis par Harilala Vololonarivo. »

Fin de citation.


dimanche 4 mai 2014

Appel aux décideurs !

Nos actualités de ce mois de mai 2014 me semblent fournir des indices alarmants, niveau orange de plus en plus foncé : 
-          Situation conflictuelle complexe au sein des universités de Mahajanga et de Toliara,
-          Dégradation sournoise des relations tripartites : investisseurs privés / communautés locales sous tutelle des autorités traditionnelles / représentants régionaux du pouvoir officiel,
-          Durcissement inquiétant des tensions psychologiques relatives à la chute vertigineuse du budget de fonctionnement des ménages, toute CSP confondue,
-          Stigmatisation accrue de la politique à cause de la pesanteur, justifiable par ailleurs, propre à la mise en place des mécanismes conventionnels de financement, amorce des lignes de crédit au bénéfice des particuliers,
-          Etc.
Aussi, ne puis-je manquer de me préoccuper pour le devenir de la Nation Malagasy !

L’une des solutions possibles, a priori voie non-directe quoique gage de pérennité en termes d'acquis démocratique, me paraît avoir trait à la mise en place d’un authentique processus de Justice Transitionnelle. Y contribuer activement dans les plus brefs délais est mon vœu le plus cher. Le mieux sera de pouvoir intervenir de manière institutionnelle. D’où mon présent appel public aux décideurs étatiques concernés.


En outre, ouvert à toute proposition émanant du secteur privé et relevant de mon domaine habituel d’intervention, l’ingénierie culturelle au service de la sécurisation des investissements, je vous prie de trouver ci-après mon CV détaillé.


RABEARISON Roland Dieu Donné VahÖmbey
Né le 09 août 1959 à Ambodifarihy Amparafaravola.
Marié, 6 enfants.

Diplôme : Licence en Philosophie, CUR Toliara, 1985.

Recherche & Publications :

1988 : Travail d’Etude & de Recherche en ethnomusicologie, « Conscience d’identité culturelle. Cas des Tandroy de Bekily. », CUR Toliara, 220 pages.
2011 : « Saha-Lanitra. L’horizon est la lisière de mes rizières. », Essai littéraire autobiographique à caractère philosophique, 224 pages.
2014 : « Ny mahaolona malagasy. Réalités et prospective. », Essai d’interprétation philosophique de l’identité malagasy contemporaine. En cours d’élaboration.

Métier & Profession :

Artiste poète-musicien-écrivain-réalisateur-producteur.
Senior consultant en ingénierie culturelle.

Expériences professionnelles :

2014 : Consultant en ingénierie culturelle auprès de la Solidarité des Intervenants sur le Foncier - Sehatra Iombonana ho an’ny Fananantany : conseils en orientation stratégique, communication, coaching et lobbying. Facilitation relationnelle entre les investisseurs privés, les communautés locales sous tutelle des autorités traditionnelles et les représentants de l’autorité étatique.

Conférencier sur le thème : « Maha-olona malagasy – Humanité malagasy - et rôle actif de l’ingénierie culturelle. » à l’Institut d’Etudes Politiques, Antananarivo.

Mi-2009 à 2013 : Perfectionnement en politique.

Candidat aux présidentielles en 2013.

Information-sensibilisation des gouvernants politiques par des experts multisectoriels, ITCILO-OIT, Turin Italie (Octobre 2011).

Voyages à l’étranger, missions d’appréciation de différents modèles de développement : Chine, Thaïlande, Italie, France, Rwanda, Kenya, Swaziland, Afrique du Sud.

Création du parti politique FAnambinana MAdagasikara – FAMà. Objectif stratégique : émergence d’une nouvelle génération de politiciens, tranche d’âge 20 à 40 ans. Fondement : idéalisme humaniste de Gauche. Démarche : théorisation et praxis. Approche : extension de l’ingénierie culturelle vers le politique.

2010 : Perfectionnement en ingénierie culturelle.

Conception et réalisation de « Faneva 2010, Convention des gérants Galana distribution pétrolière S.A », modèle du genre en matière d’ingénierie culturelle appliquée au niveau des grandes entreprises. Cohésion interne, marketing social et culturel.

Organisation de l’événementiel promotionnel « Fararano », 2ème édition, au sein de l’Atelier d’arts BEzoro à Antsirabe. Volet pratique d’une formation continue dispensée à des apprenants en ingénierie culturelle : résidence de créatifs en permaculture,  arts musicaux – scripturaux – plastiques – graphiques -  cinématographiques - martiaux, régie technique et régie générale, gestion de production et stratégie marketing.

2009 : Conception et réalisation d’opérations de marketing direct pour le BIT-Projet HIMO et le Centre de Formation HIMO au sein du Salon de l’Emploi, Carlton, Antananarivo.

Sortie du 4ème album musical du groupe Vahömbey : « iKAKY ».

Organisation de l’événementiel promotionnel « Fararano », 1ère édition, au sein de l’Atelier d’arts BEzoro, Antsirabe.

Création du label BEzoro – ingénierie culturelle.

2008-2009 : Coaching, rebranding, structuration de la cellule communication du Centre de Formation HIMO, Antsirabe.

2008 : Consultance en coaching pour le groupe UNIMA-Aqualma Besalampy, leader mondial de la production crevettière haut de gamme, Label Rouge.

Bouclage de l’album musical de facture internationale « Tao » par le groupe Vahömbey. Produit mis en réserve, en attente d’opportunité sur le marché mondial de la musique.

2007 : Pratique professionnelle de la musique par le groupe Vahömbey - recherche, création, production et promotion - en vue d’un alignement à l’international.
Sortie du 3ème album musical du groupe Vahömbey : « Bezoro ! ».

2003-2006 : Enseignant en coaching et communication dans les filières destinées à professionnaliser la formation des étudiants : IMGAM, ESSVA, Université d’Antananarivo, …

Consultant en coaching et communication : Océane Aventures, Carambole, Fifata-Fert, …

2002 : Animateur-producteur d’émissions radiophoniques sur Radio-Mada FM 100.8 Emission matinale quotidienne « Salanitra ê ! Tratry ny maraina isika mianakavy » pour prêcher la non-violence, encourager la tolérance et appeler à la patience.                                                    
Emission dominicale « Kôzikôzy malalaka be » pour enrichir la culture musicale des auditeurs.

Responsable de la sécurisation civile de la zone Haute Ville d’Antananarivo.
Présentateur et maître de cérémonie de la « 1ère Nuit des arts martiaux », Palais des Sports, en direct sur la TVM (Décembre 2002).

1999-2001 : Directeur Etude & Opération au sein de l’Agence Tam Tam, communication institutionnelle & publicitaire : UNIMA-Aqualma, outillage road-show Air-Madagascar et mairie de Toamasina, candidature mairie de Marc Ravalomanana, QMM S.A, WWF, album musical « Lalabe, le grand chemin » par le regretté Tôty, habillage TVM, JB Pecto « Aoê ! », produits Miora, etc.

1998 : Création de l’Association Salanitra, membre de l’Una-Civiles, oeuvrant dans le culturel et l’environnemental. Début d’expérimentation de la permaculture.

Consultance en communication : ANAE, etc.
Sortie du 2ème album musical du groupe Vahömbey : « Salanitra ».

1997 : Réalisation de reportages et documentaires sur les pratiques culturelles à Madagasikara pour RFO-TV5 : « Cueilleurs de miel », « La magie à Madagasikara », « Funérailles dans le Sud », « Vazimba & Mikéa », …

Journaliste Reporter d’Images pour RFO-TV5, Paris France.

1995-1996 : Régisseur et assistant réalisateur pour Tam Tam Vidéo : Frisa-Schmaltz, Coopération Suisse, série d’émissions TV Tamotamo , Savonnerie Tropicale S.A, candidature de G.W Razanamasy aux présidentielles, etc.

1994 : Compositeur de la musique originale et acteur second rôle dans le long métrage de sensibilisation sur le Sida « Liza », réalisation de Solo Randrasana.

Début d’apprentissage en travaux de consultance : Appropop, Usaid, …

1993 : Pratique professionnelle de la musique par le groupe Vahömbey. Sortie du 1er album musical : « Rôkarôka ».

Formateur et Animateur-producteur d’émissions radiophoniques sur RLI FM 106 « Seraseran’Iarivo », « Le coin du poète », … 

1992 : Travaux d’investigations anthropologiques en milieu antakarana. Immersion active dans le milieu très sélectif des orpailleurs à Daraina Ambilobe.

1988-1991 : Animateur d’antenne et producteur d’émissions radiophoniques sur Radio-Madagasikara, chaîne nationale et Fréquence 2.

Initiateur principal de l’alerte « Kere SOS Sud » avec le soutien du PAM, de la Banque Mondiale et du Premier Ministre Guy W. Razanamasy.

Début de tournée internationale pour la formation musicale Vahömbey. Première étape : Festival Château Morange à La Réunion, sélection dans l’émission TV Mégamix.

Promoteur de la génération montante de world music au Cercle Germano-Malagasy.

1980-1987 : Activités socioculturelles au CUR de Toliara.

Conseiller des résidents, MAP/KMM, médiateur social au sein du campus universitaire.

Moniteur sportif, responsable de l’ASCUR/U Karaté-do.

Moniteur culturel chargé de la valorisation des arts traditionnels régionaux au sein de l’ASAUT.

Moniteur bibliothécaire du département de Philosophie, EESL.

1979 : Service National Hors Forces Armées Populaires, enseignant de français et d’EPS au CEG d’Ambatosoratra Gare – MLA.

Religion : Luthérienne, FLM Antsirabe Antampontanàna.

Autre : Instructeur de karaté-Do, 6ème dan fédéral.

Contact :

Lot 12 A 10 Antsenakely Antsirabe


034 08 720 04

Antsirabe, le 04 mai 2014.

lundi 17 février 2014

Culture: état des lieux et postulant

Ci-après, un bref état des lieux ou disons un passage en revue de la perception par différents acteurs et intervenants sur la situation actuelle de la Culture à Madagasikara. Plume de Maminirina Rado dans L’Express de Madagascar, parution du samedi 15 février 2014. Comme ce pertinent aperçu offre à votre serviteur l’occasion de se positionner en tant que postulant, une brève présentation de son profil sera proposée à la fin de cet article-ci.

 Début de citation.

Quid du ou de la future ministre de la Culture.

Depuis quelques semaines, les passions se déchaînent dans le milieu culturel de la capitale. Des noms de ceux qui briguent la fonction de ministre de la Culture circulent.

Les lobbies se font. Ça chuchote dans le milieu culturel. La moutarde monte au nez des acteurs culturels de la capitale vis-à-vis de cette première présidence de la quatrième République. La grande question qui circule depuis quelques semaines, concerne le nom du ou de la future ministre de la Culture.

« Lors de ses allocutions, le nouveau Président de la République n’a jamais mentionné le domaine culturel. Nous sommes des artistes, et ça nous fait mal », a lancé Rajery, valihiste et lanceur du festival de musique vivante Angaredona, lors d’une réunion, à l’Office malgache des droits d’auteur (OMDA), qui s’est déroulée la semaine passée.
En mal de reconnaissance, les artistes et les créatifs nationaux espèrent alors voir un ministre de la Culture qui puisse affronter les enjeux de ce secteur où le travail ne manquera sûrement pas. Lutte anti-piratage, loi sur le mécénat, statut des artistes, droits d’auteur, … autant de chantiers qui lui seront réservés durant au maximum cinq années de fonction au sein du ministère.

Vision élargie
Dans le milieu intellectuel, il est sans doute temps d’aplanir les acceptions.
« Le ou la ministre de la Culture doit être un manager culturel, avoir une vision très large du développement. Pas forcément un artiste ou un organisateur d’événements. La culture, c’est l’ensemble des moteurs du développement. La vision de certains artistes est trop centrée sur l’art, parce que la culture n’est pas seulement l’art. C’est aussi la science, la religion, le dévelopement durable, entre autres », avance Serge Henri Rodin, membre de l’Académie malgache et directeur de la filière Médiation culturelle à l’Université d’Antananarivo.
Les avis semblent se rejoindre dans le microcosme universitaire.
« Il y a ce qu’on appelle les facteurs culturels qui font marcher l’économie. Par exemple, un dirigeant doit avoir une attitude qui puisse correspondre à son engagement pour la faire avancer. La culture est vaste, englobant l’histoire, la philosophie, les traditions et bien d’autres », émet Hery Ramiarison, maître de conférences, professeur d’économie à l’Université d’Antananarivo.

Enfant pauvre
Depuis trop longtemps, les gouvernements qui se sont succédés, ont mis la culture dans une trame limitatrice. Elle a été, le plus souvent, calquée sur les spectacles, la danse et la musique. Malgré cette perspective presque en totalité alimentaire, peu d’artistes ont profité de leurs carrières. Beaucoup, et il y en eu des très talentueux, ont fini dans la déchéance totale. Pauvres dans la vie mais riches en notoriété. Comme le regrette souvent Hemerson Andrianetrazafy, artiste plasticien. « Il n’y a jamais eu de place pour les créatifs dans toutes les politiques de l’État », révèle-t-il amèrement.
Depuis trop longtemps, le ministère de la Culture a toujours été l’enfant pauvre du gouvernement, avec le plus petit budget, et une espèce de fou du roi utilisé juste pour épater ou amuser la galerie. Prendre en compte des concepts comme l’identité et la langue n’a jamais été l’apanage de plusieurs ministres qui se sont succédés au département de la Culture. Quelques-uns se sont démarqués, mais en fin de compte, tout est un éternel recommencement. Ce temps-là semble révolu, au vu du bouillonnement qu’on constate, actuellement, dans le milieu culturel antananarivien.

Profil général
Juliette Ratsimandrava, responsable de l’Office national des langues à l’Académie malgache, propose son profil.
« Qui que ce soit qui dirige un ministère doit avoir une connaissance poussée de l’administration. Il en est de même avec celui de la Culture. Savoir gérer plusieurs aspects techniques de sa fonction. Il ou elle devra avoir une vision sur l’étendue culturelle malgache, baignée dans sa diversité. Il faut qu’il comprenne l’évolution de la vision des gens, du peuple, parce que la culture n’est pas statique, elle évolue de jour en jour».

Que ce soient les artistes, les universitaires, ou les autres acteurs culturels, le ou la future ministre de la Culture doit avoir une vision assez large, plus profonde que le simple spectacle de foire ou les bals pour midinettes. Beaucoup de nom circulent en ce moment, plusieurs artistes se trouvent dans le lot. Beaucoup de travail de lobbying se font à travers les galeries d’art et dans les réseaux sociaux. Mais quel que soit le profil, les résultats seront les fruits du jugement par le milieu artistique et les spécialistes malgaches de la culture.

Fin de citation. Ci-après, le lien pour accéder à la version originale de l’article en question :

http://www.lexpressmada.com/blog/magazine/quid-du-ou-de-la-future-ministre-de-la-culture-4784

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Profil du postulant VahÖmbey :

RABEARISON Roland Dieu Donné VahÖmbey, 55 ans.
- Senior consultant en Ingénierie Culturelle.
- Enseignant-chercheur, conférencier sur le thème du « Mahaolona Malagasy ».
- Artiste poète-musicien-écrivain-réalisateur-producteur.

Recherches & Publications:
- "Conscience d'identité culturelle antandroy", 220 pages, CUR Toliara, 1988. TER philosophie-anthropologie-ethnomusicologie.
- "Sahalanitra. L'horizon est la lisière de mes rizières", 224 pages, 2012. Essai littéraire à caractère philosophique autobiographique.
- "Ny mahaolona malagasy, l'humanité malagasy. Réalités & prospectives. » Thèse académique en cours d'élaboration. 

Références politiques: 
- Fondateur du parti politique FAnambinana MAdagasikara - FAMà, 2012
- Candidat aux présidentielles 2013

Autre : 
- Instructeur de karaté-do, 5ème dan fédéral.

vendredi 14 février 2014

Ny fampivelarana ara-kolontsaina no miantoka fampandrosoana.


Azafady, zahao ito ambany ito. Dika mitovy amin’ny lahatsoratra nosoratan’i Manitra A. Gazety Takoritsika, zoma 14 febroary 2014, laharana faha-168, pejy faha-5. Natao anterivava : VahÖmbey. Lohateny : «Ny fampivelarana ara-kolontsaina no miantoka fampandrosoana. »

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Mpanakanto, mpandalina mozika sy kolontsaina, olon’ny serasera ary mpikaroka momba ny fivoaran’ny mahaolona « philosophe-anthropologue » i Rabearison Roland Dieu Donné, fantatry ny maro amin’ny hoe : VahÖmbey.

Nilaza voalohany ny hofidiana ho filoham-pirenena ary nirotsaka tamin’ny loko FAnambinana MAdagasikara – FAMà saingy tsy lany. Tsy mitsahatra hatreo anefa ny tolony ho an’ny fanandratana an’i Madagasikara sy ny kolontsainy. Resadresaka :

Gazety Takoritsika (*) : Taorian’ny fifidianana filoham-pirenena, aiza ho aiza ianao izao ?

VahÖmbey (-) : Manohana ny filoha Hery Rajaonarimampianina aho izao satria hitako fa olon’ny fisokafana izy sady olon’ny Fihavanana izay tena sarobidy loatra ho antsika Malagasy. Hitantsika fa betsaka koa no nanaradia ny tenanay ka nanohana azy avy eo. Heverina fa ity filoha ity no ahatanteraka ny vinam-piaraha-monina efa novolavolaina hatry ny ela dia fanasongadinana ny « Kolontsaina » eo amin’ny sehatra rehetra ka mifanohana izahay.

(*) : Lasa tena mpanao politika koa ve izany i VahÖmbey ?

(-) : Mpikaroka momba ny fahendrena sy ny mahaolona aho ary izay rehetra ataoko dia mifototra amin’ny resaka kolontsaina avokoa. Izaho irery hatramin’zao no manao ny antsoina hoe : « communication et ingénierie culturelle ». Betsaka no miantso ahy mahakasika ireo sehatra ireo, hatramin’ny sekoly ambony fampianarana politika aza, noho izaho « senior consultant » momba ireo lafiny ireo.

Hainareo tsara aho ! (nitsiky) Manavia ahy ary tsy tiako andramana akory ny viravira pôlitika. Ny hany paikadiko eto am-pikatsahana toeram-panapahana ara-panjakana dia miorina amin’ny « Fitiavana » izay lolohaviko an-tampon’ny loha.

(*) : Raha ho tendrena ho ministra tokoa ianao dia ahoana ?

(-) : Mifototra amin-javatra efatra lehibe ny tanjona raha mahazo io toeram-panapahana eto amin’ny firenena io ny tenako. Ny voalohany amin’izany dia ny filaminan’ny tsirairay, tsy mifanelingelina mba hahafahana manorin-javatra « Paix sociale ». Ny faharoa dia ny fandrindrana sy fameloma-maso ny fifandraisana eo amin’ny olona samy olona, ny olona sy ny natiora, ny olona sy ny zava-boary « concorde nationale ». Ny fahatelo dia ny fametrahana ny Kolontsaina marolafy amin’ny toerana ambony sy mivelatra kokoa, « marketing culturel ». Ny fahaefatra dia ny famadihana ny Kolontsaina miainga any amin’ny mpamorona hatrany amin’ny làlam-barotra mba hiteraka voka-tsoa ara-toekarena ka miara-mihary, miara-mivelona, miara-tafita sy miara-mandroso ny Malagasy rehetra, « dimension économique de la culture Malagasy » no hiantsoako izany.

(*) : Azo tanterahana ve izany ?

(-) : Ny resa-bola sy ny fifanarahana amin’ny mpamatsy vola iraisam-pirenena dia hain’ny filoham-pirenena vaovao saingy ny mpanalàlana ny vahoaka eny ifotony amin’ny aty ambony aty no maha-VahÖmbey ny VahÖmbey ka azo atao tsara ireo !

(*) : Ny hafatra avy amin’i VahÖmbey ?

(-) : Nisahiranako nandritra ny androatokom-piainako ny fanabeazam-boa ny « Mahaolona Malagasy ». Ilàko iraka mazava ara-panjakana izany ankehitriny. Te-ahita ny tanin-taranaka Malagasy velombolo aho mialohan’ny hikipian’ny masoko indray andro any. Ataontsika mamiratra manerana izao tontolo izao ny maha-malagasy antsika. Ny fampivelarana ara-kolontsaina anie no miantoka ny fampandrosoana amin’ny ankapobeny ê !


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Ito ambany ito, rohy ahazoantsika mihaino ny fandaharana tao amin’ny Radio Antsiva izay notontosaina ny alakamisy 13 Febroary 2014 tamin’ny 1 sy sasany antoandro hatramin’ny 2 ora.

http://www.youtube.com/watch?v=MNlRmNZuTEM&feature=youtu.be




lundi 3 février 2014

Le Ministère de la Culture, département-pilote du Développement.

Ministre de la Culture, mes actions s’inscriront dans quatre directions :
La paix sociale,
- La concorde nationale,
- Le marketing culturel et
-  La dimension économique de la culture malagasy.

A ce sujet, voir ci-après deux sources d’information. La première : article écrit par Fanjanarivo paru dans La Gazette du samedi 01er février dernier. Lien :

 http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=37356:ministere-de-la-culture--en-faire-un-departement-pilote-du-developpement-&catid=64:newsflash&Itemid=67


Ministère de la Culture : En faire un département-pilote du développement !

Samedi, 01 Février 2014 06:15

C’est ce que propose VahÖmbey. philosophe-anthropologue et senior consultant en coaching, communication et ingénierie culturelle. Et lui de rappeler la déclaration de Mexico sur les politiques culturelles en 1982 sous l’égide de l’UNESCO :

« La culture peut aujourd'hui être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances, (…) ».

Cet artiste philosophe et anthropologue insère cette définition universelle dans le contexte actuel de Madagascar et estime que deux axes stratégiques fondamentaux sont à privilégier. Le premier concerne l’amélioration du cadre identitaire national. Il explique :

« Nous savons tous que la paix et la concorde sont précieuses. Elles sont nécessaires pour asseoir le développement sur des bases saines. Faisons donc naître et grandir chaque jour l’archétype du Malagasy résolument pacifique et constructif ».

Le second axe consiste à exploiter judicieusement le potentiel créatif des Malagasy pour les outiller en matière de marketing culturel à destination de l’international.

Bref, VahÖmbey se propose d’offrir au culturel sa véritable dimension économique. Il précise que grâce à l’ingénierie, la culture peut aisément servir à générer du profit :

« Bâtissons résolument une image séduisante, conquérante et surtout rentable de Madagasikara qui puisse rendre fier d’être Malagasy contemporain. Sachons que le développement culturel est le soubassement du développement en général. Si cette idée-force est enfin appliquée à Madagasikara, le sourire fleurira sur les lèvres de tous nos compatriotes parce que le monde entier se mettra à envier notre culture de la prospérité.

Voilà pourquoi j’estime que le ministère de la Culture peut avoir vocation de département-pilote pour la 4ème République. D’autant que notre nouveau président, fin connaisseur en matière de finance et d’économie, a révélé lors de son discours d’investiture sa haute capacité d’ouverture de cœur et d’esprit ».

Recueillis par Fanjanarivo

La seconde source d’information : émission « Maso Roa » par Joe Miandrisoa – RNM du 30 janvier 2014. Lien :



 Tahiany aho voatendry ho  ministry ny Kolontsaina dia ho asandratro avo ny « Mahaolona malagasy ». Isahiranako manokana ny fameloman’aina ny tohivakana ara-tolotànana sy tàn-tsoroka amintsika samy teraka Malagasy.
Ary ataontsika mamiratra eran’izao tontolo izao ny maha-malagasy antsika. Ny fampivelarana ara-kolontsaina anie no miantoka ny fampandrosoana amin’ny ankapobeny ê.

Nisahiranako nandritra ny androatokom-piainako ny fanabeazam-boa ny « Mahaolona malagasy ».  Ilàko iraka mazava ara-panjakana izany ankehitriny. Te-ahita ny tanin-taranaka malagasy velombolo aho mialoha ny hipian’ny masoko indray andro any.

Samia tahian’Andriamanitra isika mianakavy.

Antsirabe, 03 febroary 2014.

VahÖmbey.
 



dimanche 26 janvier 2014

TENY MAMY.

Mampihatra ny lalàn’ny fitiavana ny Mpanazary. Tsotra izany lalàna izany : mitia tsy ankiandry ho tiavina. Noho izany, tia ny rehetra. Tia manontolo tsy misy fetra, tsy misy fepetra. Rehefa te-handavorary ny voaàry ny Mpanazary dia io lalàna velon’ny fitiavana io no ampihariny lalandava. Ary isika rehetra tsy ankanavaka, isika mianakavy dia samy afaka mijoro ho Mpanazary avokoa.

Teraka ankehitriny ny Repoblika Malagasy faha-efatra. Migadona ny fotoana izay nandrasantsika Malagasy efa ampolotaona maro. Matoa Andriamatoa Rajaonarimampianina Hery no Filohampirenena dia izy no notinendrin’Andriamanitra-Andriananahary ho mpiantsoroka izany adidy masina izany. Mazava ny votoatin’ny kabary niezinezina nataony nandritra ny fianianany teo anoloan’ny tany aman-danitra ho antsika rehetra ambanilanitra. Mpiandry volavita ihany izy. Tsy tompony fa mpamerina an-dohany.

Koa ndeha hiara-hisalahy avokoa isika rehetra eo amin’ny sehatra misy antsika tsirairay avy. Tsy mitaky n’inon’inona avy amin’iza na iza izany ankoatra ny fampiharana io lalàna velon’ny fitiavana voalaza etsy ambony io : mitia tsy ankiandry ho tiavina. Anjarantsika ny mandavorary ny tenantsika sy ny manodidina antsika rehetra. Isika no miara-mahatonga nofo ilay Madagasikara lavorary nofinofintsika.

Ndeha rariana fatratra hoe mitosaka ny fahasoavana. Ndeha andrandraina ny fanambinana. Ndeha sarihana amin’ny tsara avokoa ny manodidina antsika. Manomboka amin’ny ao antokantrano, ny mpiray vodirindrina, ny mpiray anton’asa aman-draharaha. Ndeha zarina amin’ny làlana tokony alehany avokoa ny zanantsika, ny zandrintsika, ny havantsika, ny namantsika. Eny, hatramin'ireo izay ahiahiantsika ho fahavalontsika.

Tsy miana-kendry mitondra tena toa anjely latsaka an-tany akory izany, nefa tsy misary adala manary fanahy ihany koa rehefa mba manala hamohamom-piainana satria kirianan’ ny rotoroto andavanandro. Manome làlana izay poritra fa tsy bontolo mibahana ny anjaran’ny hafa. Mifehy vava, manaiki-dela, mitandrina ny teny aloaka tsy ampiheverana. Io fitandremana io no mampadio fo.

Raha sendra hoditr’akondro latsaka an-dàlambe dia ahilika izany hoditr’akondro izany sao mahasolafaka ny hafa. Tsy mifosafosa intsony na mitsikerakera fahatany. Raha te-hiresaka olona isika, na i Rakoto io na i Rabe na i Ranona na i Ranona, mialoha ny ilazantsika izay saika ho lazaina dia ndeha heverina hatrany hoe eo imasontsika eo izany olona resahantsika izany.

Fadiana ny manaratsiratsy ambadika. Fadiana ankitsirano ny manivahiva, manevateva, manilikilika, mamotafota. Voatandrintsika izany fady izany ? Ambinina isika. Salama sy tomady. Ny toe-piainana mihatsara ary hatramin’ny saobakaka avy no mampididrano. Tsy misahirana firy akory dia ho botrabotra ikoto, ho bolangina ikala koa samy ho mandimandina ny zaza amam-behivavy.

Hafatrin’ny fitiavana izao ambara izao mba ampirijarija ny mahaolona malagasy. Te-hiranga ery anie i Madagasikara ê. Noho izany, ndao hitandri-tena isika Malagasy. Olon’ny fitiavana isika. Olon’ny fanahy. Olon’Andriamanitra. Voatandrintsika izany koa hiambina lalandava isika ?

Tsy hanindroa intsony ny antambo ankasomparana izay namoizana aina toa ny tamin’ny sabotsy hariva teny Anosikely ireny. Ny goragoram-piheverantsika sy ny voriborika mandolo ny ao am-pontsika no nanangatra koa nampihatra ireny loza ireny. Koa aok’etsy, rey havako isany. Ndeha tampenana ny hirikin’ny ratsy amin’ny fisainantsika soa, ny fitenenantsika soa, ny fanaovantsika soa.

Feon’ny fieritreretana bitsihan’ny fitiavana izao voasoratra izao koa miangavy antànan-droa, tompoko ô. Ampiharo izao teny mamy izao. Ahelezo, aparihao, zarao, ampitapitao. Ndeha ampiana ny anjely masina hanasoa ny fiainantsika. Te-hiasa ho antsika izy ireo hatrany ampara-hatoka any koa ndeha ampiana re, tompoko ô.

Ndeha hitia tsy ankiandry ho tiavina. Samia tahian’Andriamanitra, ry havako isany.

Antsirabe, faha-26 janoary 2014.


VahÖmbey.

lundi 20 janvier 2014

L’interview, L’Observateur du lundi 20 janvier 2014 – numéro 985, page 15



































Présentation de l’interviewé :

Qui est Vahömbey ?

Agé de 55 ans, Vahömbey était candidat malheureux au premier tour de la Présidentielle. Côté académique, il a étudié la Philosophie et approfondi l’Anthropologie ainsi que l’Ethnomusicologie. En tant que Merina, Tandroy et Baniân, il affirme être intéressé par la culture antandroy. Il a appris le métier de communication, notamment de la radio. Il était à la Radio-Madagasikara. Il s’initia à l’audiovisuel et était à la TV5 Paris. Il a appris le marketing, la gestion de portefeuille des clients de grands comptes du temps où il était à l’Agence Tam-Tam. Il a fini par devenir coach. En bref, il est philosophe, anthropologue, ethnomusicologue, communicateur et réalisateur de documentaires télévisés. Des documentaires qui font toujours référence à Madagascar. Il est également un ingénieur culturel.

Titre de l’interview :

Vahömbey : « Je suis prêt à collaborer si Hery Rajaonarimampianina me le demande. »

Chapô :

Ayant fait le déplacement pour assister à la proclamation officielle des résultats du scrutin du second tour de la présidentielle vendredi dernier, Dieu Donné Roland Rabearison dit Vahömbey affirme avoir confiance au nouveau Président de la République Hery Rajaonarimampianina.

Question :

D’après votre cursus, vous figurez parmi les intellectuels qui ont eu la possibilité de quitter le pays pour mener une vie meilleure à l’étranger. Pourquoi avez-vous choisi de rester au pays ?

Réponse :

Si je suis intéressé par l’argent, je peux travailler à l’extérieur. Pourtant, j’ai choisi de rester à Madagascar même si je gagne moins parce que je veux aider mes compatriotes. Ce n’est pas mon intérêt personnel que je considère mais celui du peuple malgache. Je ne suis pas un simple artiste. Je peux enseigner à l’université. Je suis direct comme vous avez dit tout à l’heure. Je le suis parce que je veux œuvrer au profit de la couche défavorisée. Je vous rappelle que j’avais quémandé dans les rues [ à une période de mon enfance ] et je l‘ai dit pendant ma propagande.

Par rapport à la situation actuelle, le gouvernement qui va être formé devra-t-il s’ouvrir à toutes les forces politiques ?

Je tiens à souligner que j’étais contre le régime précédent, celui de la Transition. Je suis parmi les opposants purs et durs. Je ne suis pas signataire de la feuille de route. Je n’étais pas dans telle ou telle mouvance. C’est pourquoi je n’ai jamais eu l’intention d’intégrer les institutions de cette Transition. La raison est simple. Ce régime est illégal. Après l’investiture de Hery Rajaonarimampianina, on sera dans l’ordre constitutionnel car la nouvelle République sera effective. Si Hery Rajaonarimampianina m’invite à collaborer, je le soutiendrai dans la préservation de la valeur humaine et culturelle malagasy. Un domaine que je maîtrise bien.

En tant que diplômé en philosophie, que pensez-vous de la Constitution de la 4ème République ?

Si j’avais été élu président, la première chose que j’aurais entamée serait celle de retoucher cette Constitution dont le contenu n’est pas du tout clair ni détaillé. Mais actuellement, Hery Rajaonarimampianina est le Président. C’est à lui de répondre à cette question. L’important dans ce texte fondamental est le mot « Fitiavana ». Il faut le retenir car il exprime la valeur malgache. Lorsqu’on va retoucher la Constitution, il faut qu’elle soulève dans ses détails la définition de ce mot « Fitiavana » ainsi que son application.

Candidat malheureux au premier tour de la présidentielle, vous avez fait le déplacement pour assister à la proclamation des résultats officiels de cette élection. Pourquoi ?

Je suis venu ici à Antananarivo depuis Antsirabe pour assister à cette audience solennelle de la proclamation des résultats officiels de cette présidentielle. Je suis venu pour honorer cette cérémonie comme ces gendarmes qui se sont mis en garde-à-vous pendant des heures pour le respect de cette institution ainsi que son autorité. Etre élu président ou non, ce n’est pas ça qui est important pour moi. Ma question est de savoir ce que je peux apporter à ma patrie. Nous tous qui avons assisté à cet événement d’aujourd’hui, nous avons encore de quoi manger. Nous pouvons encore consommer du riz. Ce qui m’amène à dire: Allons considérer les démunis ! N’oubliez pas que j’ai soutenu Hery Rajaonarimampianina au second tour dans la région Vakinankaratra. Vous avez dit que j’étais battu au premier tour. C’est douloureux d’être perdant mais je n’ai jamais eu l’intention de contester le choix de la majorité.

Il est dit que les Malgaches ont perdu leur valeur culturelle et morale. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas vrai ! Les Malagasy n’ont pas perdu leur valeur culturelle et humaine qui est basée sur la valeur sacrée de ce pays. Ils se sont seulement trompés de chemin. Je suis confiant qu’en tant que chrétien fervent, Hery Rajaonarimampianina a de la franchise et la bonne volonté pour pouvoir redresser ce pays. C’est pourquoi je suis décidé à l’aider. A l’issue de l’audience solennelle de la proclamation des résultats de la présidentielle, je me suis entretenu directement avec Hery Rajaonarimampianina. Ce que j’ai senti lorsque nous faisions l’accolade, c’est son honnêteté et sa sagesse. C’est une véritable personnalité et j’ai confiance en lui. S’il décide de m’appeler pour travailler avec lui, je suis prêt.

Vous parliez de Hasin’i Madagasikara… Alors parlez-nous en un peu plus.

Quand on parle de hasin’i Madagasikara [ à ne pas confondre avec le parti politique du même nom ], je détiens la clé. Pourtant j’ose dire que je suis parmi les plus cancres en histoire de Madagasikara. Je ne peux pas me mesurer avec les académiciens et les universitaires à ce sujet. Par contre, je connais ce qu’on entend par « atidoha hafa » [ ati-boàfa ], c’est-à-dire la chose qui se cache au fond des entrailles. Tel est mon atout. C’est pourquoi je n’ai pas lutté pour devenir Président de la République. Plus d’un m’ont interrogé pourquoi je n’ai incité personne à voter pour moi. C’est le caractère sacré de ce pays ou « hasin’i Madagasikara » qui m’intéresse. Je suis un Mpanazary (celui qui détient les valeurs traditionnelles).

[ L’occupation favorite du Mpanazary - jardinier de l’univers - est de recréer sans cesse l’harmonie en lui et autour de lui. ]

Pourtant vous vous êtes porté candidat à la Présidentielle. Pour quelle raison ?

D’abord, je suis content de l’élection de Hery Rajaonarimampianina en tant que Président de la République parce qu’il était le ministre des Finances. Il connaît bien la situation de notre Trésor Public par rapport aux autres candidats qui se sont présentés à cette élection. Il sait comment redresser l’économie malgache. Si j’avais été le Président de la République, c’est le « atidoha hafa »[ Ati-boàfa ] qui nous rend confiants en un avenir meilleur pour notre pays que j’aurais eu à faire valoir.

Il ne faut pas oublier que Hery Rajaonarimampianina devra se consacrer à la mise en place de toutes les infrastructures économiques et les superstructures financières pendant la première année de son mandat. Pendant un an, il devra s’atteler aux négociations avec les bailleurs de fonds. En attendant, que vont-ils faire les gens qui se trouvent dans les rues et dans la pauvreté ? Il faut faire rêver ces gens. Il faut qu’ils prennent conscience de leur valeur en tant que Malagasy. Œuvrer dans ce sens est la spécialité de Vahömbey. Je me suis formé pour cela.

Le mot de la fin ?

« Madagasikara manankasintsara. » Hery Rajaonarimampianina est élu Président de la République. La chose la plus importante à mon sens, moi qui ai eu une formation de philosophe, d’anthropologue et d’ethnomusicologue, d’artiste mais qui suis aussi politicien par nécessité, … Je suis convaincu que le nouveau président qui est économiste et financier, est quelqu’un qui a une authentique vision macroéconomique soutenue par de sacrées expériences et formations en matière de Finance. C’est vraiment la personne dont nous avons besoin. C’est quelqu’un de carré. Tout ce que j’ai envie de lui donner aujourd’hui n’est autre que ce qui est irrationnel, irraisonnable, spirituel et sacré au nom de la terre de Madagasikara parce que de tous les pays d’Afrique… Voyons les actualités… Tout le monde s’est battu mais à Madagasikara, ce n’est pas le cas.

Je souhaite aujourd’hui que chacun de nous autres 32 candidats recalés car Hery Rajaonarimampianina s’est échappé de la mêlée, fasse preuve de fair-play.


Propos recueillis par TEHOLY Martin pour L’OBSERVATEUR.