mercredi 17 décembre 2014

Pré-communication # 02 « VOkOvOkO »


Le principe traditionnel du vol de zébu en tant que rite de passage, preuve de virilité chez les Tandroy, devient malheureusement caduc par la force des choses. Il n’est plus question de vols et de contre-vols pour assainir autant les relations inter-lignagères que le croisement génétique des cheptels. Logique implacable de la prédation initiée ces dernières décennies par les politiciens véreux aux basques des oligarques !

Soit les déshérités du Sud rejoignent les bandes de « malaso », soit ils crèvent de faim avec les leurs. Les plus féroces, et paradoxalement les plus prestigieux, se hissent au rang de « dahalo », brigands de haut rang habilités à fréquenter les trafiquants au col blanc. Du coup, les contre-modèles sociaux font fureur auprès des générations montantes au grand dépit des Anciens qui assistent impuissants à l’effritement du système de valeurs ancestral. Angoissante question : jusqu’à quand ?

Dans notre série de publication des textes qui composent l’opus LàKALàKA , ci-après  VOkOvOkO. Vokovoko se traduirait couramment par la croix, chrétienne notamment. S’y rajoute une autre signification : s’échiner, fournir de violents efforts. A l’image de celui qui, tout en transportant une lourde charge, est obligé de courir.

Chapô VOkOvOkO :

« Les « malaso », ces brigands qui sévissent dans le sud de Madagascar, méritent-ils d’être traités comme des criminels sans foi ni loi ? Si c’est vraiment leur choix de terroriser leurs semblables, pourquoi pas !?!

Mais la question est là. Sur leur chemin de croix, ont-ils vraiment le choix ? De leur part, en toute conscience, est-ce librement délibéré ? Pour ceux qui s’y sentent obligés, uniquement par nécessité, à défaut d’autres possibilités, … Est-ce encore le cas ? Bonté de bonté mais que fout… Mais que fait donc l’Etat !?! »

Texte VOkOvOkO:

Mamokovoko,
Mihosom-bovoka
Mitora-jofo, mena be mifofofofo,
Misafotofoto, mihotohoto, mitotototo
‘Reo zana-malaso milomay an-tany hay
Tsy ankisento, tsy ankisotro rano.

Tsy ankisakafo, fa ho any fa ho any,
Mihazakazaka lomay toa doran’ny afo
Sao tratry ny fokonolona
Ka doran’ny olona,
Voavely famaky,
Matimaty fahatany,
Tiribonalim-pokontany.

Ka atao zao, rey agno,
Ka ampijalià, ragnandria,
 Ana’tikane avao, longo’tikane avao
 Naho malaso rehe, mbe antikane avao
 Ke andeso an-kazomanga.

 Ka vono’e, ka oro’e ey
 Gadrà avao naho tea’areo
 Ke rehafo agne ‘ty fanjakà’areo
 Hikarakara havelomà ondate ‘reo
Tsy ho votso avao ondate ‘reo oo

Havelomà ty aze ro pina’e
Drala avao ro ila’e
Vale ama’anake ro karakarà’e
Hane ro manahira, fikamà ro paià

Havelomà ty aze ro pina’e
Drala avao ro ila’e
Hivilia hane, fikamà ro paià
Tamane, mijale, mosare mare ne ajà !

Auteur-Compositeur : VAHÖMBEY. Antsirabe 22 juillet 2014

Contact: vahombey@gmail.com

lundi 15 décembre 2014

Pré-communication # 01. « LàKALàKA »

Année 2013. Le candidat n° 4, en pré-campagne électorale présidentielle dans la zone rouge sang de Betroka après avoir sillonné, uniquement accompagné de son épouse et délibérément sans arme ni garde de corps, toutes les dangereuses contrées du Grand Sud malgache pour aller à la rencontre des populations autochtones dont les fameux "malaso" et "dahalo".

Résultat officiel obtenu: 0,71  %
Rang: 24ème sur 33 candidats


« Làkalàka » se traduirait par aléatoire. 

L’opus « LàKALàKA » est le fruit de 5 belles années de recueillement, d’observation, de réflexion et de maturation. Chaque texte y est au moins aussi important que la musique. Chaque titre musical est précédé d’un « chapô » explicatif en français pour permettre aux non-« malgachophones » de mieux accueillir chaque chanson.

En guise d’avant-goût, les textes seront publiés ici un par un. Ainsi quand l’opus sortira début 2015, il rencontrera un public déjà averti. Du moins, la frange qui voudra bien s’intéresser aux publications dont ci-après la première de la série.

Mesdames et messieurs, merci de votre aimable attention.

Chapô LàKALàKA :

« Que l’existence, parfois,
Nous serve des hauts et des bas,
A nous d’en rire aux éclats !
De continuer à avancer de biais
Sans jamais reculer, quitte à zigzaguer.
La bonne vague est toujours là.
Elle nous attend,… Attrapons-la ! »

Texte LàKALàKA :

« Làkalàkam-piainana iny
Niakà-nidina
Nitily vodilanitra, nanelatra
Nanidina.
Nitetitety vazan-tany
Hatrany ampara-lavitra any.
Tendrombohitra, tanety,
Tsy nisy namelany.
Fofofofo toa tadio,
Tselatra sy kotro-baratra,
Fafifafy herikerika
Tsy nampiato na nampierika.
Na dia Tsiafajavona aza
Nirintonany an’avona.
Vakivakim-piainana iny
Andavanandro iainana

Ref:   Làkalàka, tompoko ô
         K’aza mba miambàkavàka
          Làkalàka, tompoko ô
          Sangio hehy sy kàkakàka “
                             

 Auteur-Compositeur: VAHÖMBEY. Antsirabe, samedi 22 mars 2014

Contact: vahombey@gmail.com

samedi 29 novembre 2014

Approche HIMO Structurée, Asa tanamaro manaradrafitra.

Senior consultant pour BEzoro - ingénierie culturelle BE-ic, agence prestataire de services pour le Bureau International du Travail BIT - Projet HIMO lors du 5ème Congrès Malgache de la Route et des Transports (CMRT) au CCI Ivato du 26 au 28 novembre 2014, 

je me suis toujours occupé depuis 8 ans de promouvoir à mon échelle, et dans les limites de mes prérogatives, ce qu’on entend par Approche HIMO Structurée, « Asa tanamaro manaradrafitra »

Un catalogue, intitulé Ny fagnahy rô vatsy ou Porteurs de lumière, comprenant un magazine et un film de 13 mn a été réalisé par BE-ic et édité par le BIT - Projet HIMO à plus de 2000 exemplaires. Il a été distribué en priorité aux maires des communes urbaines et rurales de Madagasikara lors du récent CMRT.

BEzoro - ingénierie culturelle

Ci-après, les liens qui permettent de mieux connaître l'Approche HIMO Structurée.

Premier article d'une série, publié sur dwizernews:


Emission en malagasy "Salangalanga" du 20 novembre 2014 sur RTA. Invitée: Mme Holiarivony Vahömbey Ramiarintsoa, Présidente de l'association des ingénieurs et formateurs HIMO:

https://www.youtube.com/watch?v=07c8CWN6oJw

Film Projet HIMO Routes, durée 6 mn:

http://youtu.be/UZfqELMYVfw

Film Approche HIMO Structurée, Ny fagnahy rô vatsy. Durée: 13 mn:


Ci-après, visuel informatif "Stratégie opérationnelle" choisi parmi les 17 autres qui ont servi de supports d’explication aux stands d’exposition du BIT - Projet HIMO et lors des travaux d'atelier avec les représentants des collectivités territoriales décentralisées.



Pour plus d'informations, merci de me contacter à l'adresse mail suivante: vahombey@gmail.com


Mention spéciale: La campagne de communication sur l'Approche HIMO Structurée avant et pendant le 5ème CMRT a bénéficié d'un partenariat médiatique de qualité offert par le Groupe RTA-L'Express.

vendredi 17 octobre 2014

dwizernews.com : "Retour de Ravalomanana: Vahömbey réagit."

Crédit photo: ANDRIANJARA, 2014.

Dans les colonnes de dwizernews, parution du 17 octobre 2014, je cite:

" Rabearison Roland, dit Vahömbey, fait partie de ces personnages de l'identité nationale qui nous propose un regard transversal, donc intéressant. Chanteur à l'origine, il s'est présenté à l'élection présidentielle 2013 à Madagascar. Il n'était pas dans le peloton de tête mais son engagement profond envers un idéal pour notre pays persiste, loin des effets de manches des coursives du Colbert. Il a accepté avec gentillesse de se prêter au jeu de l'interview. Ci-dessous ses réponses aux questions que tout le monde se pose. ITW au coeur du sujet et sans complaisance."

Prière trouver la suite sur
http://dwizernews.com/retour-ravalomanana-vahombey-reagit/

mercredi 15 octobre 2014

Croisée des chemins

Crédit photo: ANDRIANJARA, 2014


Dieu, merci. Madagasikara  est de nouveau à la croisée des chemins.

La lassitude du surplace et le virus du laisser-aller commençaient à asphyxier la bonne volonté des citoyens les plus engagés. L’ancien Président Marc Ravalomanana a enfin décidé d’abréger son exil volontaire. Peu importe le rocambolesque de son arrivée. Tout comme le grotesque de son escamotage pour raison d’Etat.

Dans tout le tapage qui s’en est suivi, seul un fait mérite d’être mis en évidence. Tous les protagonistes de notre récente histoire nationale sont désormais sur place. Que s’accomplisse donc la grande et noble destinée de notre Nation ! Ouvrons les bans.

Notre questionnement est à deux volets. Voulons-nous nous acheminer vers une véritable justice transitionnelle où le binôme « vérité – réconciliation » tiendra lieu de balise ? Ou optons-nous pour un nouveau chaos politico-politicien dont seuls les prédateurs patentés tireront encore bénéfice ?

Ce n’est ni à la nébuleuse communauté internationale, ni à la faune politicienne, encore moins aux protagonistes sus-évoqués, et surtout pas à nos gouvernants, fut-il Président de la République, uniquement d’y répondre. Cette gente-là n’exécutera en définitive que ce que nous aurons décidé, ou au pire, laissé décider. Et précisons-le bien : chacun de nous.

Aussi, avant de rejeter sur qui que ce soit toute responsabilité dans le futur, que chacun de nous réfléchisse maintenant, autant que possible immédiatement.  A chacun, et à commencer par moi-même, de prendre en compte le questionnement précédent. Dès lors, qu’est-ce que je veux ? Qu’est ce que je décide ? Qu’est-ce que je fais ?

Le présent est dans mes mains. Le futur de mon pays, comme le mien, en dépendra. Si immature, je vais demander à Dieu ce qu’Il ferait à ma place, … Paisible et contemplatif, Il me répondra avec un doux sourire : « Mon fils, tu es déjà à Ma place. Fais comme bon te semble. »

Antsirabe, 15 octobre 2014


RABEARISON Roland Dieu Donné Vahömbey.

lundi 13 octobre 2014

IVème Forum Foncier Africain, 07-08 octobre 2014 à Antananarivo

Le Foncier représente un domaine stratégique que tout Etat soucieux de l'intérêt de la nation a le devoir d'adopter comme socle de sa politique générale. 

A la fois senior consultant en ingénierie culturelle et citoyen activiste dans ce secteur, il m'est échu l'honneur d'officier à titre de "master of ceremony" lors du IVème Forum Foncier Africain à l'hôtel Ibis- Antananarivo, les 07-08 octobre 2014.

Ci-après, la version française de la déclaration officielle issue de ce forum organisé par la Solidarité des Intervenants sur le Foncier.


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Forum Foncier Africain
DECLARATION D’ANTANANARIVO
08 Octobre 2014

Nous, représentants des organisations membres de L’ILC Afrique et les autres participants au 4ème forum foncier africain, réunis ce jour à Antananarivo, Madagascar, dans le cadre du Forum Foncier Africain, sur le thème de « La réforme foncière, l’équité et la transformation : le rôle du Document Cadre et Lignes Directrices sur les politiques foncières en Afrique »,

Reconnaissant les efforts entrepris tant à l’échelle continentale qu’à l’échelle de nos Etats respectifs de mettre en place des cadres de prise en charge des problèmes fonciers en Afrique, à travers notamment les différents instruments régionaux et nationaux, dont la Déclaration des Chefs d’Etats de l'UA, Cadre et Lignes Directrices sur les Politiques Foncières en Afrique, etc ;

Constatant des déficits dans la prise en compte des problèmes et des droits fonciers dans les instruments de développement de nos Etats et la prééminence des considérations économiques sur les considérations sociales, culturelles et environnementales dans les politiques publiques ;

Considérant le caractère transversal et multifonctionnel de la terre et son importance stratégique pour le développement de nos peuples et de nos Etats ;

Tenant compte des contextes spécifiques des processus de réformes foncières dans la plupart des pays africains, et déterminés à en tirer largement avantage ;

Soucieux de faire inscrire dans les priorités de développement national et continental l’urgence des réformes foncières fondées sur des processus inclusifs, participatifs et concertés de planification et d' usages coordonnés des terres;

Déclarons ce qui suit :

1. Les politiques publiques et les programmes de développement national doivent mettre au coeur de leurs priorités l’importance stratégique des questions de gouvernance foncière, centrée sur les personnes en sécurisant, protégeant et promouvant les droits fonciers des pauvres et des personnes marginalisées.

2. Les processus des réformes foncières en cours dans bien des pays africains doivent être soutenus par des réformes en matière d’aménagement du territoire, incluant des directives contraignantes pour une planification intersectorielle (minière, pétrolière, forestière, infrastructurelle, agricole, conservation, etc.) concertée et inclusive des processus d’utilisation ou d’affectation des terres.

3. Les textes législatifs régissant les différentes ressources naturelles devraient être harmonisés pour mettre fin aux conflits des lois et arrêter la compétition entre les institutions en charge de leur gestion.

4. Les mécanismes et cadres de suivi, évaluation et contrôle des processus d’affectation des terres doivent être mis en place pour garantir leur conformité aux lois, aux procédures prescrites et aux instruments de planification.

5. L’équilibre entre les considérations économiques, sociales, culturelles et environnementales doit être établi dans tous les processus de planification qui conduisent aux affectations des terres et aux droits d’exploitation des ressources naturelles de nos Etats.

6. Les terres doivent être gérées et affectées, en tenant compte des principes de justice sociale, fondée sur des compensations justes, équitables et préalables en cas de perte ou de modification des droits des personnes et communautés touchées.

7. Des mécanismes de consultation et de consentement préalables des personnes et communautés affectées ainsi que de partage des revenus doivent être intégrés dans les lois qui régissent les terres et les autres ressources naturelles.

8. L’égalité et l’équité dans l’accès à la propriété et au contrôle de la terre doivent être promues et consacrées comme des standards clés dans les politiques et législations foncières, pour combattre les déséquilibres entre les différentes catégories sociales, et en particulier les femmes, les jeunes et les populations autochtones.

9. Les pays membres de l'UA doivent allouer des ressources adéquates pour appuyer la mise en oeuvre des politiques et législations foncières au niveau national et régional qui sécurisent, protègent et promeuvent les droits fonciers des pauvres et des personnes marginalisées.



dimanche 7 septembre 2014

MPIANTSA

« Mpiantsa » est un vieux titre sorti en 1999 dans l’album « Salanitra » mis en boîte chez Nada Studio. Miasy Raoloson, un grand ami de très longue date, aura su s’en servir avec bonheur. Bien sûr, avec ma bénédiction. Il a, par exemple, repris à sa manière « Lémuria ». Puis, … Grosse surprise pour moi en voguant un peu sur youtube. Je vois « Mpiantsa » interprété par des musiciens dont je ne reconnais pas du tout les visages. Je clique.

Ouh là ! « Mpiantsa » uniquement en instrumental par des gars qui prennent plaisir à le faire groover et swinguer ! C’est fou, je croyais avoir uniquement créé une chanson à texte, alors que la musique sur laquelle je l’avais écrite semble pulser très bien aussi. Mon souci à l’époque de sa création, c’était surtout l’application des règles de prosodie, la mise en valeur de la musicalité des mots et des phrases. Très étonné, je suis. Ainsi, sa musique peut-elle donc tenir toute seule sans texte, ni chant, ni aucun vocal ?!


Alors, merci aux musiciens que vous allez découvrir, autant que moi, dans le lien ci-dessus. Bien sûr, c’est du feeling attrapé à la volée autant pour la qualité image que son mais n’empêche ! Ca s’écoute.

Je continue à surfer puis je découvre une autre version instrumentale plus élaborée encore. Merci, Miasy Raoloson. Merci, Fossa b. Cela fait plaisir d’être ainsi interprété.


En tant qu'ethnomusicologue, je me suis toujours convaincu de la forte musicalité des parlers régionaux de Madagascar: antakarana, sakalava, tsimihety, sihanaka, etc. Voilà pourquoi j'ai quelquefois tenu à les mélanger dans le cadre de mes créations musicales.
 
Le malagasy en lui-même est une langue d'une beauté musicale très subtile, tout en nuances. L'anglais et l'espagnol aussi tout comme l'italien, entre autres. C'est ce qui manquerait, selon les dires de Francis Cabrel lors de la sortie de son album Sarbacane, à la langue française officielle. Je m’en rends compte moi-même chaque fois que je tente de créer des chansons en français.

Les seules fois où j’avais pu palper la musicalité de la langue française, c’était quand j’avais composé sur des poèmes en français de Jean-Joseph Rabearivelo : « Flûtistes », « Filaos », etc. C’était pour une comédie musicale en l’honneur de cet immense poète. C’était il y a longtemps, en 1986 si je ne m’abuse, avec l’Association Artistique Universitaire de Toliara (ASAUT). Dommage que la technologie en vigueur à l'époque ne m'avait nullement permis d'en garder archivage. 

Sinon ne parlons même plus de mes premières compositions réduites en cendres à cause de l'imbécillité de ceux et celles qui ont incendié les locaux de la Radio Nationale Malagasy en 2009. Quant à la débilité des commanditaires, ...! "Ganagana mody", une chanson enfantine campagnarde interprétée au marovany avec mes enfants Balita et Isambilo, gamins à l'époque, en faisait partie. Quelle amertume quand même !

Tournons la page et revenons à "Mpiantsa". Pour le plaisir de partager, ci-après la version originale :

Bonne écoute !