mercredi 18 mai 2011

HOMMAGE à Guy Willy RAZANAMASY


« Concernant l’homme, difficile de faire preuve d’objectivité. Il n’y a que la subjectivité de bonne foi. »

A quelques mots près, c’était la teneur de la note de service placardée à notre attention, journalistes et animateurs d’antenne à la Radio-Madagasikara en 1991. Signature : Le Premier Ministre Guy Willy RAZANAMASY.

En pleine crise, critiqué par les Arema et malmené par les Hery Velona, j’en ai personnellement fait mon credo pour animer quotidiennement l’antenne. Manjamanja miaraka amin’i Radio-Madagasikara. L’émission Besorongola, chaque vendredi à 07 heures du matin. 

Avec son accord, j’ai effectué un reportage radiophonique sur le KERE avec l’appui du Programme Alimentaire Mondial et le soutien de la Banque Mondiale. C’était, à l’époque, le déclencheur de toute l’opération humanitaire SOS Sud.

Notre manière de collaborer était plutôt particulière. Après avoir bouclé l’antenne à 22 heures, je partais le rejoindre au Buffet du jardin à Antaninarenina et recevais ses instructions en direct. Nos conversations, courtes mais instructives, m’ont façonné pour la vie. Avoir recueilli certaines de ses confidences, d’ordre politique, me guide aujourd’hui pour mener à bien notre démarche FAMà.

G.W. RAZANAMASY, maire de la capitale, avait réussi à éviter le carnage sur la place du 13 mai. Malgré tous ses efforts pour la paix, il n’avait pas pu empêcher la marche fatidique sur Iavoloha le 10 août 1991. C’était hors de sa juridiction. Devenu Premier Ministre, il avait dirigé la Transition avec tact et détermination. Les élections achevées, redevenu simple citoyen, il avait publié Le livre blanc. Document à archiver absolument.

S’apercevant de la dérive de ce qu’il aura laissé en héritage, il avait décidé, par principe, quelques années plus tard et malgré la faiblesse des moyens, de se présenter aux présidentielles. Pour ce faire, nous avons mis en avant le concept Hazomanga. Trop tôt pour l’époque !

Crise sociale 2002. Animateur de l’émission matinale quotidienne Salanitra ê ! Tratry ny maraina isika mianakavy sur la station FM Radio-Mada, je me suis évertué, envers et malgré tout, à ramener mes concitoyens à la raison. Ramener encore et toujours la paix dans les foyers, les communautés et entre les belligérants.

Mon plus grand regret : n’avoir pu empêcher les vandales de tout acabit de s’attaquer à la propriété de Ingahy RAZANAMASY. J’ai fait mienne de l’humiliation qu’il avait subie. Depuis, j’ai fait vœu d’endiguer l’innommable bêtise humaine politicienne. D’où aussi mon engagement pour les présidentielles aujourd’hui.

Malgré son grand âge, Ingahy RAZANAMASY m’avait toujours gratifié de son amabilité quand nous nous croisions de temps à autre au Cercle franco-malgache d’Antananarivo. J’en ai toujours ressenti une grande fierté que j’entretiendrai précieusement.

Avec son sens aigu de l’honneur, Guy Willy RAZANAMASY était un homme de parole, tokan-teny.

Ingahy RAZANAMASY m’a inculqué comment être un Homme d’Etat.

Tafahoatra any ankoatra ankehitriny ilay Raiamandreny.

Sitraka enti-matory, hono hoe, valiana raha mahatsiaro.

1 commentaire:

VahÖmbey a dit…

Prière corriger.

Début paragraphe 6. Au lieu de "S'apercevant de la dérive de ce (...)", lire "S'étant aperçu de (...)".

Merci.